Ruhy Ozdemir, artisan cordonnier à Audincourt, a lancé le 17 avril une cagnotte en ligne intitulée "SOS cordonnerie" pour sauver sa boutique, touchée par une grave crise financière.
Alors qu'il se tient derrière son comptoir, entouré de clés accrochées et d'outils, il affiche un message poignant : "Sauvons notre savoir-faire. Notre survie dépend de vous." La réalité de son entreprise est de plus en plus difficile, avec des jours où il ne reçoit aucun client. "Certains jours, il n'y a personne, et d'autres, juste un ou deux clients. C'est très dur, surtout avec la baisse du pouvoir d'achat," explique-t-il, en évoquant les conséquences du contexte économique actuel sur son activité.
Ce cordonnier, passionné par son métier depuis l’enfance, a investi toutes ses économies, ainsi que l’héritage de sa mère, dans cette aventure. "J'ai toujours voulu avoir mon propre magasin. L'odeur du cuir et le bruit des machines, c'est ma vie," se souvient-il avec émotion.
La cagnotte a pour but de diversifier ses services et d'élargir son offre, notamment en intégrant la réparation de canapés et de maroquinerie. Cette démarche est devenue nécessaire face aux tendances actuelles du marché, où les cordonneries cherchent à se diversifier pour survivre.
Pour susciter l’intérêt et attirer de nouveaux clients, Ruhy utilise également les réseaux sociaux. "Ça me donne envie de lui donner de la force. Si je peux faire quelque chose, j'ai envie de le faire," témoigne un client fidèle, soulignant l'importance des efforts du cordonnier pour maintenir le contact avec sa clientèle.
Alors que la cordonnerie Ozdemir est à un tournant crucial de son histoire, son appel met en lumière la fragilité des petites entreprises artisanales en France, confrontées à des défis toujours plus grands.







