C'est la phase finale pour le CDG Express, le projet de liaison ferroviaire entre Paris et l'aéroport Charles de Gaulle. Ce week-end marque la fin des travaux d'infrastructure, avec le raccordement de 4,5 kilomètres de nouvelles voies entre la gare de l'Est et La Plaine-Stade de France. "Cela représente un aboutissement après sept ans de travaux", précisent SNCF Réseau et ses partenaires, Eiffage et Alstom.
Pour cette tâche complexe, 300 travailleurs de diverses régions françaises s'affaireront durant 72 heures non-stop. Ils devront modifier et tester 10 postes de signalisation avant le lancement des premières rames d'essai prévues le 24 mai.
"Ce week-end représente vraiment la naissance de l'infrastructure CDG Express, un moment décisif dans notre projet, indique Thomas Allary, directeur des grands projets chez SNCF Réseau, à l'AFP.
32 kilomètres pour 20 minutes de trajet, des trains toutes les 15 minutes
Les premiers essais dynamiques, lancés en 2025, se poursuivront désormais. "Cette phase est cruciale pour la qualification technique de la ligne, préalable à son ouverture commerciale prévue pour mars 2027", indiquent les responsables dans un communiqué. Le service direct de 32 kilomètres proposera un trajet de 20 minutes, avec des départs toutes les 15 minutes, tous les jours de 5h à minuit.
Initialement prévue pour les Jeux Olympiques de Paris, cette liaison a pris du retard en raison de divers défis, y compris des recours juridiques et les impacts de la pandémie de Covid-19.

Baptiste Maurand, président du gestionnaire d'infrastructure CDG Express, souligne : "L'objectif est d'offrir à Paris une navette aéroportuaire directe comparable à celles d'autres capitales internationales."
Un budget de 2,6 milliards d'euros
Treize rames ont été commandées auprès de CAF, qui pourront transporter jusqu'à 400 passagers dans des voitures climatisées, incluant des espaces pour les bagages et des écrans d'information sur les vols. Un "train manager" sera également présent pour assister les voyageurs.
Le coût du projet s'élève à 2,6 milliards d'euros, financés par l'État et gérés par le groupe ADP, SNCF Réseau et la Caisse des dépôts, avec une fréquentation estimée à 25 000 passagers par jour. Bien que le tarif forfaitaire de 24 euros soit avancé, aucune décision officielle n'a encore été prise.
Cette nouvelle ligne devrait contribuer à alléger la congestion du RER B, modernisé avec 537 millions d'euros issus du budget du CDG Express. Pour ses promoteurs, le CDG Express représente également une opportunité pour réduire le trafic sur l'A1, en absorbant jusqu'à 15% de la circulation routière.
Cependant, le projet a ses détracteurs, critiqué pour son coût élevé par des élus comme David Belliard, ancien adjoint à la Mairie de Paris, qui l'a qualifié de "train des riches". Les débats sur l'accessibilité et l'impact sur les usagers continuent d'alimenter la controverse autour de cette liaison essentielle.







