La cour des comptes remet en question la nationalisation d'EDF

La cour des comptes s'interroge sur la nécessité de la nationalisation d'EDF.
La cour des comptes remet en question la nationalisation d'EDF
L'EPR de Flamanville, un chantier sans fin

La Cour des comptes analyse la nationalisation d'EDF à 100 % et exprime sa perplexité. Une opération nommée « coûteuse » dont la nécessité semble peu justifiée, selon un rapport publié ce jeudi.

En 2022, dans un contexte de crise énergétique exacerbée par l'invasion de l'Ukraine, le gouvernement français a décidé d'augmenter la participation de l'État dans EDF de 84 % à 100 %. Cette démarche a coûté près de 9,7 milliards d'euros. Cependant, la Cour des comptes souligne que « ni les impératifs de souveraineté énergétique, ni les besoins de financement du groupe, ni la volonté d'un meilleur pilotage opérationnel justifiaient cette décision », comme elle l’indique dans son rapport.

Des avantages difficiles à identifier

À cette période, EDF faisait face à des difficultés majeures, notamment une dette élevée, des retards sur le chantier de l'EPR de Flamanville, ainsi que des problèmes de corrosion sur ses réacteurs nucléaires. Malgré ces défis, la prise de contrôle total de l'État aurait permis d'agir plus rapidement face à la crise énergétique et d'accélérer la relance du nucléaire, déclarait alors la Première ministre, Élisabeth Borne. Cependant, quatre ans plus tard, les bénéfices pratiques de cette opération demeurent « difficilement identifiables », affirment les Sages de la rue Cambon.

Une pression sur les finances publiques

La Cour des comptes note que l'« effort » budgétaire requis pour la nationalisation a été particulièrement élevé en raison d'une dégradation des finances publiques. Elle s'interroge sur la possibilité d'un coût inférieur, en précisant que le prix de l'offre de l'État, fixé à 12 euros par action, était bien supérieur au coût moyen des actions sur le semestre précédent, qui était de 8,27 euros.

Toutefois, la montée de l'État au capital d'EDF a conduit à un léger redressement de la notation de sa dette par les agences de notation, même si la société reste profondément endettée, avec une dette de 51,5 milliards d'euros en 2025, contre 65 milliards d'euros en 2022.

Dans l'ensemble, un « recul temporel » est de mise pour évaluer pleinement les conséquences de cette décision, comme le fait remarquer la Cour. Alors que les débats sur l'avenir d'EDF se poursuivent, des voix comme celle de la députée Marie-Noëlle Lienemann plaident pour une réflexion plus approfondie sur le modèle énergétique français, afin de garantir une transition énergétique juste et efficace.

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