Supprimer les obstacles internes et réduire les lourdeurs réglementaires : les Vingt-Sept se rassemblent en Belgique pour renforcer la compétitivité de l'économie européenne, mise à mal par la concurrence asiatique et la puissance américaine. Au cœur des débats, l'urgence de réformer le marché unique européen, essentiel pour 450 millions de consommateurs.
Ce marché, pilier de l'intégration européenne, fait face à de nouveaux défis. La Chine, qui maîtrise des ressources cruciales comme les terres rares, exerce une pression accrue sur le continent, tandis que les États-Unis, en particulier sous l'administration Trump, adoptent une posture plus agressive, menaçant de taxer les échanges et de contester les règles économiques européennes.
Des objectifs communs, des moyens différents
Alors que la part de l'UE dans le PIB mondial a chuté sous les 15%, le constat est partagé à tous les niveaux. Mario Draghi, ancien président de la BCE, en avait fait un diagnostic urgent lors d'un rapport de 2022.
"Souhaite-t-on rester un simple grand marché soumis aux décisions des autres ou prendre des mesures pour devenir une puissance ?" a demandé Draghi récemment.
Les discussions de jeudi ne s'attaqueront pas aux solutions identifiées, mais chercheront à en accélérer la mise en œuvre. La Commission européenne a déjà établi un vaste programme de réformes visant à rehausser la compétitivité du bloc sur tous les fronts.
Cela inclut la levée des barrières qui stagnent l'activité et l'optimisation de l'union des marchés de capitaux pour canaliser les investissements vers les entreprises. Toutefois, les efforts pour moderniser l'UE ont rencontré des obstacles dans les procédures législatives. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a pressé les législateurs d'agir.
Des divergences entre l'Allemagne et Emmanuel Macron
Les États ne sont pas toujours en accord sur les réformes à adopter. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont convenu de la nécessité d'une réforme rapide de l'Europe lors d'un récent sommet à Anvers, mais leurs approches diffèrent. Si Macron prône une "préférence européenne" pour les entreprises bénéficiant de capitaux publics, Merz s'oppose à cette idée, réservant une telle mesure à des secteurs jugés stratégiques.
De plus, l'idée de Macron d'émettre des emprunts européens pour financer des investissements a été accueillie avec froideur à Berlin. Une source gouvernementale allemande a insisté sur le fait qu'il n'était pas acceptable de demander plus de fonds sans réformes parallèles.
Cependant, un diplomate européen a précisé qu'il existe "beaucoup de convergences" parmi les États membres, bien que des nuances politiques persistent.







