L’Agence nationale de la sécurité sanitaire a publié jeudi 12 février une étude sur l’exposition des Français à certaines substances chimiques dans l’alimentation. Bien que des baisse aient été observées pour certains aliments, l’organisme encourage à intensifier les efforts de surveillance.
Cadmium, mercure et plomb : l’exposition des Français à ces substances via l’alimentation reste « préoccupante », précise l’Anses. L’agence recommande de renforcer les mesures de réduction et de surveillance. « Les expositions à l’acrylamide, au cadmium, au plomb, à l’aluminium et au méthylmercure demeurent trop élevées pour certaines personnes dans la population », affirme l’Anses dans son rapport publié le 12 février 2026.
Des métaux de plus en plus présents dans les céréales
L’Anses a constaté que, même si la concentration moyenne des contaminants chimiques a diminué par rapport à la précédente étude (2006-2011), certains aliments, notamment ceux à base de céréales comme le pain et les biscuits, affichent des augmentations des niveaux de cadmium et de plomb. Véronique Sirot, coordinatrice de l’étude, explique : « Ces produits contribuent le plus à notre exposition alimentaire ». Elle ajoute que certains légumes présentent également des concentrations en hausse, mais cela ne remet pas en question leurs bienfaits nutritionnels.
Alors que le cadmium a été particulièrement médiatisé en raison de sa présence dans certains chocolats, les aliments principaux sources de métaux lourds restent similaires à ceux identifiés dans les études précédentes. Cela inclut le pain, les pâtes, les pommes de terre, ainsi que les produits issus des fruits de mer, comme les crustacés. Morgane Champion, une autre coordinatrice de l’étude, précise que ces métaux se retrouvent dans notre alimentation non seulement par leur présence naturelle dans l’environnement mais aussi à cause des activités humaines telles que l’agriculture et l’industrie.
Optimiser la consommation de poissons
L’Anses prévoit de publier une étude complémentaire sur l’exposition des Français au cadmium, en tenant compte d’autres voies d’exposition que l’alimentation. Concernant le méthylmercure, principalement trouvé dans certains poissons comme le thon, les niveaux de contamination sont restés stables. L’agence recommande de consommer deux portions de poisson par semaine, dont un gras, tout en variant les espèces et les sources d'approvisionnement.
Progrès notables mais des efforts à poursuivre
Concernant l’exposition au plomb, il y a eu une amélioration significative, avec une réduction de 27 % chez les enfants et de 49 % chez les adultes, notamment grâce à une meilleure qualité de l’eau et des aliments. L’Anses encourage cependant à maintenir les efforts, surtout pour les frites, et à intensifier la surveillance des denrées alimentaires. Face à des messages parfois anxiogènes sur l’alimentation, les experts insistent sur l’importance d’une approche équilibrée pour éviter une exposition excessive à des substances nocives. Comme le soulignent certains professionnels de la santé, « il n’existe pas de bons ou de mauvais aliments, c’est la quantité qui dicte l'impact sur la santé ».
Les résultats concernant d’autres contaminants, comme les bisphénols, les phtalates et les résidus de pesticides seront présentés par l’Anses dans les années à venir, accompagnés de recommandations pour minimiser les risques d’exposition.







