Dimanche, le gouvernement australien a annoncé le déblocage de fonds pour construire un nouveau chantier naval dédié aux sous-marins à propulsion nucléaire, s'inscrivant ainsi dans l'alliance Aukus. Ce choix stratégique s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu, visant à rappeler l'importance de l'influence militaire de l'Australie dans le Pacifique.
Signé par Washington en 2021, cet accord entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie vise à contrer l'influence croissante de la Chine, conduisant Canberra à annuler un contrat massif avec la France pour des sous-marins conventionnels.
Le Premier ministre Anthony Albanese a affirmé que cet investissement initial est "crucial pour doter l'Australie de sous-marins à propulsion nucléaire capables d'emporter des armes conventionnelles," ajoutant que l'investissement total dans le projet naval pourrait atteindre 30 milliards de dollars australiens (18 milliards d'euros).
Un programme à 200 milliards d'euros
L'accord initial prévoit la livraison de trois à cinq sous-marins de classe Virginia à partir de 2032, suivie, dès 2040, de la co-construction d'une nouvelle classe de sous-marins furtifs entre le Royaume-Uni et l'Australie. Ce programme ambitieux, dont le coût total est estimé à 200 milliards d'euros sur les trois prochaines décennies, inclut également le développement de la capacité australienne à construire ses propres sous-marins dans le futur.
Le ministre de la Défense Richard Marles a souligné que le futur chantier naval, qui sera érigé à Osborne, près d'Adelaïde, sera clé dans la stratégie de défense de l'Australie. "Cette transformation en cours prouve que nous avançons vers la capacité de fabriquer nos propres sous-marins à propulsion nucléaire pour les décennies à venir," a-t-il précisé.
Les engins de classe SNN-AUKUS seront construits par le groupe britannique BAE Systems en collaboration avec l’entreprise publique australienne ASC, avec une partie des assemblages se réalisant à Adelaïde.
Le soutien des États-Unis et l'ambiance tumultueuse
En septembre dernier, Canberra avait déjà annoncé un engagement de 12 milliards de dollars australiens pour moderniser ses chantiers navals de Henderson, afin de garantir le service des sous-marins à propulsion nucléaire. Cette démarche reflète la volonté d’Australie de densifier ses capacités militaires et de renforcer sa position stratégique face aux ambitions expansionnistes de la Chine.
L'engagement des États-Unis envers l'alliance Aukus, initialement mis en doute par l'administration Trump, a finalement été confirmé sous Joe Biden, ce qui marque un tournant indéniable dans les relations diplomatiques au sein du Pacifique.
L’annonce de ce pacte a été perçue comme un "coup de poignard dans le dos" par les autorités françaises, surtout après l’annulation d'un méga-contrat datant de 2016, qui prévoyait la construction de douze sous-marins conventionnels par le groupe Naval Group en Australie.
Le contrat annulé, dont le coût était quatre fois moins élevé, met en lumière les tensions persistantes entre Paris et Canberra. Il reste à voir si l'Australie saura gérer la transition vers ses nouvelles ambitions militaires en évitant de laisser des tensions diplomatiques non résolues.







