C'est un turnover sans précédent parmi les grandes entreprises américaines. Le cabinet de recrutement Spencer Stuart a révélé que les CEO américains du S&P 1500 ont connu un renouvellement massif en 2025, le plus significatif depuis 2010.
Au total, 168 nouveaux directeurs généraux (91% d'hommes) ont été nommés l'an passé dans ces 1.500 entreprises, avec 59 au sein du S&P 500 (+11%). Cette tendance se poursuit avec l'entrée en fonction de nouveaux dirigeants chez Walmart et Procter & Gamble. Des changements notables ont également eu lieu chez Disney, PayPal et HP, où de nouveaux leaders ont été désignés.
Un phénomène beaucoup moins prononcé en Europe
Ce renouveau à la tête des grandes entreprises cotées aux États-Unis entraîne logiquement une diminution de la durée des mandats des dirigeants. Après avoir atteint un pic de 10,3 ans en 2021, la durée moyenne de mandat d'un patron du S&P 1500 s'établit aujourd'hui à 8,5 ans, le plus bas depuis 2019. Il est à noter que 37% des départs se produisent dans les cinq premières années de mandat, d'après les analystes de Spencer Stuart.
Si cette dynamique est forte aux États-Unis, l'Europe, et en particulier la France, affiche un taux de rotation bien plus faible. Cependant, la France se distingue avec 18 changements de PDG au sein du SBF 120. Parmi eux, citons Renault, ayant nommé François Provost comme nouveau leader, et Stellantis qui a vu Antonio Filosa prendre la relève de Carlos Tavares.
"Les conseils d'administration se montrent encore plus impatients"
Les raisons de cette vague de départs, surtout outre-Atlantique, sont multiples. 2025 a été marquée par une volatilité accrue des marchés, une inflation persistante, et la pression des investisseurs activistes qui cherchent à imposer leur vision stratégique. James Citrin de Spencer Stuart souligne dans le Wall Street Journal que la persistance des anciennes stratégies peut mener à des sanctions sévères à l'encontre des dirigeants.
"Nous évoluons dans un contexte nouveau, et celui qui s'obstine à reproduire les stratégies du passé n'a pas nécessairement raison".
La montée en puissance de l'intelligence artificielle force également les dirigeants à s'adapter rapidement, ceux qui rechignent à cette transformation s'exposent à des conséquences sévères.
Des dirigeants plus jeunes
La tendance révélée cette année indique que les conseils d'administration ont réduit leur attention sur l'expérience, avec 84% des nouveaux dirigeants n'ayant jamais dirigé d'entreprise cotée auparavant. L'âge moyen des dirigeants a également chuté à 54,4 ans, alors que la proportion de nouveaux CEO âgés de 60 ans et plus a décru à 18%, après avoir oscillé autour de 30% les deux années précédentes.
Parmi ces nouveaux leader, 60% ont été recrutés en interne. Néanmoins, les entreprises à petite et moyenne capitalisation ont recruté davantage de dirigeants externes (41% et 50% respectivement) comparées aux grandes entreprises.
Spencer Stuart conclut en précisant que traditionnellement, les grandes entreprises privilégient les nominations internes, en raison de leur capacité à former des leaders polyvalents plus facilement.







