À compter de ce lundi 11 avril 2026, les avocats du barreau de Belfort entrent en grève pour contester le projet de loi SURE présenté par Gérald Darmanin, ministre de la Justice. Ce mouvement s'inscrit dans une journée « justice morte » qui se déroule également à l'échelle nationale. Les avocats de la Cité du Lion dénoncent des dispositions qu'ils considèrent comme abusives et contraires aux droits des victimes, notamment l'élargissement de la procédure du plaider-coupable aux infractions les plus graves, telles que les meurtres et les viols.
Un point d'étape vendredi
En cette journée de grève, aucune plaidoirie ne sera effectuée. David Prenat, le bâtonnier de Belfort, précise : "Toutes les audiences seront renvoyées. Seules les affaires d'urgence, notamment celles impliquant des détenus, seront traitées." Les avocats manifestent leur détermination à s'opposer fermement à ce texte.
La durée de la mobilisation reste à établir : "Ça va durer au moins cinq jours. Nous avons une grève illimitée sur le papier, mais un point d'étape est prévu ce vendredi. Nous déciderons de la suite des événements en fonction des évolutions parlementaires," a indiqué Prenat.
On prend le problème à l'envers
Pour le bâtonnier de Belfort, la motivation qui sous-tend le texte mérite d'être discutée, mais les solutions proposées sont discutables : "Le but est d'accélérer les délais de jugement, mais au lieu d’embaucher davantage de magistrats pour traiter les affaires en retard, le projet vise à modifier les procédures existantes. On prend le problème à l'envers." Le barreau de Belfort compte environ quarante membres.
Cette contestation s’inscrit également dans un mouvement plus large, alors que de nombreux avocats des grands barreaux de France se rassemblent devant le Sénat pour exprimer leur désaccord face à ce projet de loi, qui sera examiné aujourd'hui. Selon France Bleu, la mobilisation s'intensifie et pourrait influencer le débat légal en cours.







