"Si ça ferme, le Comminges est mort" : plus d'un millier de personnes se sont réunies jeudi soir à Saint-Gaudens pour défendre l'avenir de l'usine Fibre Excellence, située à une centaine de kilomètres de Toulouse. La menace plane sur cet établissement, spécialisé dans la production de pâte à papier, récemment placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse.
Les deux dernières usines de pâte à papier en France, Fibre Excellence, dont celle de Saint-Gaudens et une autre à Tarascon, doivent trouver un repreneur dans les six mois accordés par la justice. Marc Daffos, salarié de l’usine depuis 18 ans, exprime son inquiétude : "Nous, ça va, mais tout ce qui est autour, les commerces, les scieries... Si ça ferme, notre territoire est condamné".
Danielle Poublan, militante CGT à la retraite, souligne le risque d'une montée du chômage si l’usine devait fermer. "Ce serait une catastrophe absolue", renchérit Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT Haute-Garonne, présent lors de la réunion publique.
Les usines Fibre Excellence, qui transforment aussi du bois en électricité, rencontrent des difficultés suite à l'augmentation des coûts. "Le problème réside dans le coût de production de l'électricité", souligne Marc Daffos.
Malgré les promesses du gouvernement d'une augmentation du tarif de rachat de l'électricité de 20 %, les actionnaires indonésiens n'envisagent pas d'investissements supplémentaires. "Le ciel s'est un peu assombri, mais rien n’est perdu", insiste Carole Delga, présidente de la région Occitanie, dans un message vidéo. Elle évoque des perspectives de repositionnement pour l'usine, incluant la production de nouvelles pâtes et de bioéthanol.
Cela inclut également des projets d'innovations dans le maraîchage, présentés lors de la réunion à Villeneuve-de-Rivière. Carole Delga annonce des discussions en cours avec d'éventuels repreneurs, notamment un industriel suédois, mais les travailleurs souhaitent des clarifications sur l'avenir.
Nicolas Mendela, opérateur de production, exprime son désir de savoir où en est la situation : "On attend de la clarté pour pouvoir espérer quelque chose". Lors de cette soirée, les salariés d'une même voix ont chanté un hymne de soutien pour l'usine, encore unis dans l'espoir de préserver leur avenir et celui de leur région.







