Le 7 juillet, un administrateur de site web a été condamné à un an de prison sous bracelet électronique par le tribunal judiciaire de Paris. L'informaticien, originaire de Nice, a été reconnu coupable d'avoir géré un site internet reliant des milliers de deepfakes sexuels de célébrités féminines.
La peine inclut également un an de sursis ainsi qu'une amende de 10.000 euros, comme l'ont confirmé les avocats impliqués dans l'affaire. Cette sentence est bien en dessous de la demande initiale de la procureure qui avait requis trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis.
Des deepfakes en nombre impressionnant
L'informaticien, âgé de 44 ans, a été reconnu coupable de l'administration d'un site comprenant près de 300.000 contenus illicites, montages et deepfakes (créés à l'aide de l'intelligence artificielle). Les images de plusieurs figures publiques françaises ont été détournées, y compris celles de 13 plaignantes, telles que Brigitte Macron, Audrey Tautou, et Ségolène Royal.
Ce site a créé une importante controverse, les montages n’étant pas toujours générés par l’IA mais souvent fournis par des utilisateurs avant d’être publiés par l’intéressé. Le ministère de la justice américain a été à l’origine de la dénonciation de ce site, signalant que celui-ci permettait une recherche par mots-clés incluant des termes comme "viol" ou "dégradation".
Une infraction judiciarisée récemment
Le gérant du site, qui recevait des revenus grâce à la publicité, a attiré jusqu'à quatre millions de visiteurs par mois. Interpellé en juin et placé en détention, il a reconnu les faits dès son arrestation. Devant le tribunal, il a reconnu n’avoir pas mesuré la portée néfaste de ses actions, déclarant avoir cru agir "à la limite du légal".
Ce qui rend cette affaire particulièrement significative est que les délits reprochés à cet homme sont des infractions nouvellement créées par la loi. D'une part, il a été accusé d'administrer une plateforme facilitant des transactions illégales, un délit inventé en 2023. De l'autre, il a été accusé de diffuser des contenus générés par traitement algorithmique à caractère sexuel sans le consentement des concernées, un autre délit qui a vu le jour en 2024. Pour ces accusations, il risquait jusqu'à trois ans de prison et 75.000 euros d'amende.







