La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a décidé de ne pas accéder à la demande de mise en liberté de Frédéric Péchier, l'ex-anesthésiste reconnu coupable de 30 empoisonnements, dont 12 mortels. Sa demande visait à préparer son procès en appel dans de meilleures conditions, mais elle n'a pas été jugée pertinente.
Lors de cette audience, tenue en présence d'une cinquantaine de parties civiles, Péchier a fait figure d'ombre de lui-même, tant physiquement que moralement. D'après France Bleu, il a souligné que la détention compliquait sérieusement sa préparation à sa défense, isolé sans accès à un ordinateur ou un téléphone. L'homme continue de clamer son innocence, même après sa condamnation à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans.
Une défense entravée par la détention
Ses avocats plaident pour une assignation à résidence, arguant que Péchier pourrait mieux préparer sa défense dans un cadre moins restrictif, comme chez ses parents à Poitiers. L'un de ses avocats, Maître Schwerdorffer, a déclaré : "Je ne peux pas préparer la défense de Frédéric Péchier s'il est en prison, le dossier est trop complexe." Il est à noter que la santé mentale des détenus, dans ce cas particulier, a aussi été un sujet de préoccupation, des études montrant une augmentation notable du risque de suicide en prison.
Les victimes résistent à tout changement
Pour les parties civiles, toute idée de libération de Péchier est inacceptable. Me Frédéric Berna, représentant des victimes, a insinué qu'une remise en liberté serait considérée comme une trahison par l'institution judiciaire. Il a émis des doutes sur les garanties que pourrait fournir l'ex-anesthésiste en cas de relâchement.
Un risque de fuite avéré
En outre, le ministère public, représenté par Thérèse Brunisso, a souligné les risques de pression sur les témoins, rappelant que Péchier avait déjà eu des interactions suspectes avec eux. "Cette famille est prête à tout pour sauver le soldat Frédéric", a affirmé Brunisso, mettant en évidence le risque de fuite en cas de libération. Enfin, elle a averti que si Péchier était libéré, cela pourrait retarder indéfiniment la tenue du procès en appel, en raison de l'absence de cadre légal.
Le maintien de Frédéric Péchier en détention est accueilli avec une lueur d'espoir par les victimes, qui espèrent que justice sera faite dans cette affaire des plus sensibles de la région.







