Frédéric Péchier, anesthésiste reconnu coupable d'avoir empoisonné 30 patients, dont 12 mortellement, se bat pour obtenir une remise en liberté avant son procès en appel. La justice de Besançon examinera sa demande lors d'une audience prévue ce mercredi.
Condamné en décembre dernier, Péchier avait toujours clamé son innocence tout au long du procès, une situation déjà exceptionnellement rare pour un individu accusé d'une telle gravité. La demande de remise en liberté, déposée immédiatement après sa condamnation, sera évaluée en prenant en compte les implications du maintien en détention.
Alors que ce médecin de 54 ans a été libre durant l'instruction et le procès, son avocat, Randall Schwerdorffer, plaide pour une libération sous contrôle judiciaire. La défense envisage même un assignement à résidence avec bracelet électronique, mais la décision finale reviendra au tribunal, qui pourrait rendre son verdict le jour même.
Le parquet, pour sa part, s'oppose à cette éventualité. Selon une source judiciaire, le maintien en détention est justifié par des préoccupations de sécurité publique, notamment le risque de suicide ou de fuite. "Il est inacceptable que Frédéric Péchier soit libre et puisse interagir avec ses victimes", indique l'avocat Frédéric Berna qui représente plusieurs parties civiles.
Lors du procès, Péchier a admis qu'un empoisonneur avait sévi dans ses établissements de travail, mais a toujours nié être l'auteur des faits. La prochaine étape de cette affaire, dont l'organisation s'avère complexe en raison de près de 200 parties civiles, sera le procès en appel. Les avocats de Péchier cherchent un lieu d'audience différent, plaidant pour Paris ou Lyon, afin d'assurer un procès équitable.
Selon Randall Schwerdorffer, la mise à disposition d'une telle dérogation est primordiale pour garantir la présence d'un maximum de parties civiles. Cependant, la juridiction de Besançon tente de justifier la tenue du procès dans la même ville que le premier jugement, une décision qui pourrait être revue par la Cour de cassation.







