Selon les dernières projections du ministère de l'Éducation nationale, la France prévoit une perte significative de 1,7 million d'élèves d'ici dix ans. En Franche-Comté, ce sont près de 15% des effectifs qui risquent de disparaître, avec des disparités marquées selon les départements. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, décrit cette situation comme une "vague sismique" touchant le système éducatif français.
Cette étude, révélée récemment, indique que toutes les écoles, collèges et lycées, qu'ils soient publics ou privés, subiront une baisse d'environ 14% de leurs effectifs. Ce phénomène a déjà commencé et devrait se renforcer dans les années à venir, principalement en raison d'un faible taux de natalité observé ces dernières années en France.
Une diminution continue des effectifs
Dans le premier degré, l'académie de Besançon prévoit une perte de plus de 14 000 élèves en une décennie, soit 14% des effectifs. La Haute-Saône sera particulièrement touchée, avec une perte d'un élève sur cinq. En revanche, le Doubs affichera une baisse plus modérée, à hauteur de 11%.
En milieu rural, Édouard Geffray évoque la possibilité de regroupements pédagogiques intercommunaux pour faire face à cette crise. En milieu urbain, un réajustement du maillage scolaire pourrait être envisagé.
Dans le second degré, les chiffres sont encore plus alarmants. Plus de 15 000 élèves seront absents dans les collèges et lycées de Franche-Comté, ce qui équivaut à la population totale d'élèves en Haute-Saône. Les départements de Haute-Saône et du Territoire de Belfort connaîtront les baisses les plus accentuées, avec des diminutions de 21% des effectifs.
Le Doubs résiste mieux que la moyenne
Le Doubs se distingue des autres départements, affichant des prévisions de baisse à 11% dans le premier degré et 13% dans le second degré, ce qui est moins que la moyenne régionale.
Un élève sur cinq en moins en Haute-Saône
La Haute-Saône, en revanche, est à la pointe de cette dégringolade. Elle pourrait perdre plus de 20% de ses élèves dans les deux cycles d'enseignement. Muriel Stievenard, co-secrétaire départementale du SnuiPP FSU 70, met en garde : "Il faut veiller au temps de transport des enfants—un enfant de trois ans qui commence sa journée avec 25 minutes de car, c'est compliqué." Elle souligne également l'importance d'utiliser cette baisse démographique pour améliorer le taux d'encadrement dans les classes.
Le Territoire de Belfort également touché
Dans le Territoire de Belfort, où les effectifs sont déjà faibles, la situation ne s'améliorera pas. Le premier degré pourrait voir près de 2 000 élèves disparaitre, représentant une baisse de 17%. Dans le second degré, cette perte serait encore plus marquée, atteignant jusqu'à 21% des effectifs.
15% d'élèves en moins dans le Jura
Le Jura, quant à lui, se conformera à la tendance nationale, avec une prévision de 15% de perte d'élèves dans le premier degré. Dans le second degré, la baisse pourrait atteindre 18%. Ces chiffres soulignent l'urgence d'une réflexion collective sur l'avenir du système éducatif en Franche-Comté.







