Peter Magyar, représentant d'un conservatisme pro-européen, a remporté les élections législatives en Hongrie ce dimanche, avec une probable supermajorité de deux tiers qui pourrait lui permettre de renverser les réformes mises en place par le nationaliste Viktor Orban, qui a concédé sa défaite après seize années au pouvoir.
Dans un discours à ses partisans, Orban a déclaré : "Les résultats des élections, bien que non définitifs, sont douloureux mais sans ambiguïté. Nous n’avons pas reçu le mandat de gouverner." Ce message a résonné avec la volonté d’un changement, alors que les derniers dépouillements indiquaient que le parti Tisza de Magyar pourrait obtenir 138 des 199 sièges, contre seulement 54 pour le Fidesz d’Orban, selon des informations du Bureau électoral.
"Nous sommes prudemment optimistes," a partagé un enthousiaste Peter Magyar dans son QG, entouré de milliers de supporters, parmi lesquels Orsolya Rozgonyi, une jeune professionnelle de 28 ans, qui a exprimé son espoir quant à ce changement tant attendu.
Les félicitations de chefs d'État européens, dont Emmanuel Macron et Friedrich Merz, ainsi que de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, illustrent la portée de ce changement. Von der Leyen a salué le choix de la "Hongrie pour l'Europe".
Le taux de participation, qui s'élevait à 77,80% à la clôture des bureaux, indique un intérêt sans précédent pour ces élections, dépassant le record précédent de 70,5% en 2002, soulignent les experts du Centre de recherche Pew.
Les analystes notent que cette dynamique de mobilisations a particulièrement touché les jeunes et les habitants des villes moyennes. "Il s’agissait d’un choix clair between l’Est et l’Ouest, de la manipulation médiatique au débat public transparent," a indiqué Magyar après avoir voté à Budapest.
Orban, qui a passé des années à établir un régime axé sur un nationalisme populiste, s’est également exprimé après son vote, affirmant sa détermination à gouverner. Il a mis en avant ses relations internationales, de Donald Trump à Vladimir Poutine, tout en critiquant Bruxelles pour son ingérence supposée dans les affaires hongroises.
Aujourd’hui, la défaite d’Orban peut être perçue comme un revers majeur pour l’autoritarisme, selon le Centre for American Progress américain. Les observateurs sont certains que les ramifications de ce vote dépassent les frontières de la Hongrie, ajoutant que ce résultat serait un coup dur pour ceux qui voient dans le modèle d'Orban un exemple à suivre.
La Hongrie, membre de l’UE depuis 2004, subit des restrictions financières en raison de violations du droit, et durant sa campagne, Orban avait promis de renforcer la répression contre toutes voix critiques, des journalistes aux militants. En dépit de ses tentatives de se présenter comme un défenseur instinctif du pays, la stagnation économique et la corruption rampant l’ont finalement desservi, selon les analyses de Political Capital.







