Face à l’incertitude, Samah Hajoul, comme tant d’autres, reste réticente à l’idée de retourner chez elle dans la banlieue sud de Beyrouth. La mère de quatre enfants a inspecté rapidement son domicile, sévèrement touché par les bombardements israéliens, avant de préférer la sécurité d’une tente implantée sur le front de mer.
« J’ai peur de retourner, la situation est toujours instable », avoue-t-elle à l’AFP. Avec la peur chevillée au corps, elle se souviens des évacuations précipitées, comme celle du 2 mars, au début du conflit entre Israël et le Hezbollah.
Bien que la trêve entrée en vigueur vendredi lui ait permis de jeter un œil à sa maison, dont les vitres avaient volé en éclats, elle préfère attendre. « Je voulais juste donner un bain à mes enfants et récupérer quelques vêtements d'été », confie-t-elle, tout en restant sceptique quant à un retour définitif.
De nombreuses autres familles, vivant sous des tentes de fortune, choisissent également de temporiser. Selon des photographes de l’AFP, certains quartiers de la banlieue sud, bastion du Hezbollah, demeurent vides depuis les bombardements israéliens.
« Si nous rentrons définitivement, nous avons peur de perdre notre place à l’école où nous nous réfugions », souligne Hassan, 29 ans, qui vit dans un centre d’accueil à Beyrouth.
La guerre a éclaté le 2 mars, suite à une attaque du Hezbollah contre Israël en représailles d'une offensive israélo-américaine contre l’Iran. Selon les autorités, le conflit a causé au moins 2 300 morts et plus d’un million de déplacés.
Les établissements scolaires, transformés en centres d’hébergement, saturent au cœur de Beyrouth et dans ses alentours. Mahmoud Qamati, un responsable du Hezbollah, a appelé les déplacés à rester où ils se trouvent, mettant en garde contre le “double jeu” israélien. « Inspectez vos maisons, mais ne quittez pas les lieux où vous vous êtes réfugiés », a-t-il averti lors d’un point de presse.
Des embouteillages ont bloqué l'autoroute reliant Beyrouth au sud du Liban, illustrant l'urgence et la confusion de la situation actuelle.
Israël et le Hezbollah s'accusent mutuellement de violer la trêve. Des sources locales rapportent que les forces israéliennes poursuivent leurs opérations destructrices dans plusieurs villages frontaliers.
L'armée israélienne a affirmé avoir établi une “ligne jaune” dans le sud du Liban et mené des frappes contre des individus suspectés de menacer sa sécurité.
Lors de l'annonce de la trêve, Donald Trump a évoqué une rencontre imminente entre Benjamin Netanyahu et Joseph Aoun, le président libanais, en vue d'une résolution durable du conflit. Pendant ce temps, le Hezbollah dénonce une capitulation face aux pressions israéliennes.
Dans le sud du Liban, l'armée collabore avec les municipalités pour rouvrir les routes et ponts endommagés. À Hanaouiyeh, le vice-maire Mostafa Bazzoun aspire à « redonner vie » à sa commune pour permettre un retour rapide à la normalité. « Les gens rentrent prudemment, et nous faisons tout pour assurer leur retour », conclut-il.







