Les signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) se rassemblent à l'ONU dès lundi, dans un contexte de tensions alarmantes entre grandes puissances nucléaires. L'angoisse d'une nouvelle course aux armements atomiques est au cœur des préoccupations.
Lors de la récente conférence de révision en 2022, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait exprimé son inquiétude : l'humanité se trouvait « à un malentendu, un faux calcul sur l'anéantissement nucléaire ». Malheureusement, les tensions géopolitiques se sont intensifiées depuis cette déclaration, laissant planer un doute sur l'issue de ces rencontres de quatre semaines au siège de l'ONU à New York.
« Le Traité navigue entre vie et mort depuis trop longtemps. La confiance s’érode et les promesses restent non tenues. La problématique de la prolifération s'accroît », a plaidé Guterres en début de conférence. Le président de la conférence, l'ambassadeur du Vietnam Do Hung Viet, a ajouté que les résultats de ces discussions auront des conséquences bien plus vastes que cette salle, évoquant la menace persistante d'une nouvelle course aux armements nucléaires.
Le TNP, entré en vigueur en 1970, vise à empêcher la prolifération nucléaire, à promouvoir un désarmement intégral et à encourager l'utilisation pacifique de l'énergie atomique. Il est d'autant plus vital de rappeler qu'aucun accord de contrôle bilatéral n'existe actuellement entre les deux grandes puissances nucléaires, après l'expiration du traité New Start entre la Russie et les États-Unis en février dernier.
D'après l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), en janvier 2025, les neuf États dotés d'armes nucléaires détenaient un total de 12 241 ogives, avec 90 % de celles-ci contrôlées par les États-Unis et la Russie. « Nous observons également une montée en puissance des capacités nucléaires au sein de chacun de ces pays », a déclaré Izumi Nakamitsu, la haute représentante de l'ONU pour le désarmement.
Les États du G7 ont exprimé leur inquiétude quant à la modernisation des arsenaux de la Chine et de la Russie, tandis qu'un ancien président américain, Donald Trump, a manifesté son intention de relancer les essais nucléaires en réponse à d'autres pays agissant dans ce sens. De son côté, le président Emmanuel Macron a projeté une évolution de la dissuasion nucléaire française, mentionnant une augmentation de l’arsenal actuel de 290 têtes nucléaire.
Les décisions lors des conférences d'examen du TNP sont soumises à un consensus, et les précédentes éditions ont échoué à aboutir à une déclaration politique cohérente. Les conflits, tant au Moyen-Orient qu'en Ukraine, rendent la situation d'autant plus compliquée.
Pour cette année, de nombreux sujets,- dont les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord, qui s'est retirée du TNP en 2003 – pourraient provoquer des blocages. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a averti que « jamais le risque de prolifération nucléaire n'a été aussi préoccupant ».
Concernant l'avenir du TNP, Christopher King a souligné que, malgré des désaccords persistants, le traité « ne va pas s'effondrer du jour au lendemain », même si la menace de dégradation de sa structure ne peut être ignorée.
En prime, un sujet brûlant pourrait émerger lors de ces discussions : l'impact de l'intelligence artificielle sur les systèmes d'armement. Seth Shelden, de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix, met en avant que bien que l'IA ne contrôle pas encore les armements, son rôle dans les systèmes d’alerte pose un véritable danger.
Les yeux du monde sont donc rivés sur ces négociations, déterminantes pour l’avenir des relations internationales et la paix mondiale.







