Un cessez-le-feu unilatéral annoncé par les autorités ukrainiennes est théoriquement en vigueur depuis minuit.
Malgré cette suspension des hostilités, à 03H00 GMT, aucune attaque ukrainienne n’était signalée par les sources russes.
Cependant, des alertes ont retenti dans plusieurs régions d'Ukraine, notamment à Kherson, Zaporijjia, et Donetsk. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proclamé ce cessez-le-feu en réponse à une demande formulée par son homologue russe, Vladimir Poutine, à l’occasion des célébrations du 9 mai.
Zelensky a, de son côté, rappelé que Kiev ne tolérerait pas de violations de cette trêve. La journée de mardi a été marquée par un nombre tragique de 28 morts en Ukraine, mettant en lumière les défis persistants d’un conflit qui ne semble pas vouloir s’apaiser.
« Nous avons besoin d’un véritable arrêt des frappes, pas seulement d’une trêve ponctuelle », a déclaré Zelensky, dénonçant les frappes russes au moment même où des pourparlers étaient initiés.
Les attaques de mardi ont causé des pertes humaines considérables dans diverses villes : Zaporijjia a enregistré 12 morts, Kramatorsk 6, Dnipro 4, entre autres. Pendant ce temps, une attaque de drones ukrainiens en Crimée a tué cinq personnes selon les autorités russes.
« À quelques heures de l'entrée en vigueur de notre cessez-le-feu, la Russie continue de intensifier les hostilités », a indiqué Andrii Sybiga, ministre ukrainien des Affaires étrangères, dans un message sur le réseau X.
L’espoir d’un accord durable reste fragile. Les États-Unis ont évoqué la situation lors d'un échange entre Marco Rubio et Sergueï Lavrov, mais il est évident que l'urgence des circonstances en Ukraine est largement éclipsée par d'autres conflits globaux.
Selon l'analyste Volodymyr Fessenko, l'annonce ukrainienne pourrait être perçue comme une stratégie dans le cadre d'une guerre d'information. "Nous avons le droit de répondre si la Russie viole notre cessez-le-feu", a-t-il affirmé.
Historiquement, des trêves temporaires ont souffert de violations – un cessez-le-feu de 32 heures en avril n’a pas été respecté dans son intégralité, bien que des réductions des attaques aient été observées.
Le Kremlin, de son côté, refuse de s'engager dans une trêve durable, craignant que cela ne renforce les capacités ukrainiennes. Moscou insiste que toute cessation des hostilités doit être précédée par des concessions territoriales, notamment sur la région de Donetsk.
Le tableau reste complexe : en avril, les forces russes ont subi une régression territoriale pour la première fois depuis des mois, perdant près de 120 km2 de terrain, selon une analyse de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).







