Le président russe Vladimir Poutine a récemment affirmé lors d'une brève allocution sur la place Rouge que son armée faisait face à des forces "agressives" soutenues par l'Otan, en pleine célébration des commémorations du 9 mai 1945, coïncidant avec le premier jour d'une trêve acceptée par Kiev.
Cette célébration s'est distinguée par un défilé minimaliste, sans chars ni lances-missiles, habituels lors de ces événements. Il n'a duré que 45 minutes et a été fortement influencé par la trêve de trois jours annoncée par Donald Trump la veille.
Ces festivités ont été assombries par des menaces d'attaques de drones ukrainiens visant à perturber les cérémonies, tandis que de possibles frappes russes étaient anticipées en réponse dans le centre de Kiev. "Le grand exploit de la génération victorieuse (contre Adolf Hitler) inspire aujourd'hui nos soldats qui mènent cette opération militaire spéciale en Ukraine. Ils affrontent une force agressive soutenue par l'ensemble du bloc de l'Otan", a affirmé M. Poutine depuis la tribune, affichant une conviction inébranlable en la justesse de sa cause.
Devant des centaines de soldats alignés sur la place, des militaires nord-coréens, qui ont assisté la Russie dans son offensive sur la région de Koursk, ont également pris part à ces commémorations. Le défilé s'est tenu sous une sécurité accrue, accentuée par des problèmes d'accès à Internet dans le centre de Moscou, suscitant l'agacement des citoyens. "J'ai besoin d'internet et il n'y en a pas", a déclaré Elena, une économiste de 36 ans.
Ces célébrations revêtent une signification symbolique forte, permettant à Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de canaliser la mémoire de la victoire soviétique pour réunir la population russe autour de la campagne militaire en cours en Ukraine. "Nous devons signer des accords de paix", a exprimé Lidia, 82 ans, tout en, affirmant que l'important est d'abord de chasser les Ukrainiens de leur territoire, en écho au discours du Kremlin.
Néanmoins, après plusieurs tentatives de trêves ratées, Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu de trois jours, avec un échange de prisonniers impliquant 1 000 détenus de chaque pays. Juste après cette annonce, le président ukrainien a consenti à ce cessez-le-feu, ordonnant de ne pas attaquer le défilé.
Les festivités de Moscou ont été réduites à leur stricte expression : pour la première fois en près de vingt ans, le défilé s'est déroulé sans matériel militaire visible. De plus, la présence de dignitaires étrangers était moindre, seuls quelques dirigeants de pays alliés se faisant remarquer.
En parallèle, les discussions de paix ont repris, avec des négociateurs ukrainiens et américains en Floride, suite à une période d'inactivité depuis le début du conflit. Volodymyr Zelensky a avancé l'idée d'accueillir les négociateurs américains en Ukraine bientôt.
Ce conflit, qui a débuté avec l'invasion russe en 2022, est désormais dans sa cinquième année, entraînant des pertes humaines considérables et s'affirmant comme le conflit le plus sanglant sur le continent depuis la Seconde Guerre mondiale.







