Une fête sous haute surveillance
Dans une Moscou confinée entre les forces de l'ordre et les rares promeneurs, le 9-Mai cette année est loin de susciter l'enthousiasme. Beaucoup de Russes, face à l'imminence d'une paix qu'ils estiment lointaine, témoignent d'une morosité ambiante. « La paix, c'est pas pour bientôt », confie Elena, économiste de 36 ans, dont les premières préoccupations se concentrent sur l'absence d'accès à internet.
Pour des raisons de sécurité, les autorités avaient anticipé des coupures de l'internet mobile à Moscou, redoutant des menaces d'attaques par drone de la part de l'Ukraine. Des interruptions de service avaient déjà été signalées dans le centre de la ville depuis plusieurs semaines, mettant à mal le quotidien des habitants.
Des appels à la trêve
Dans ce contexte tendu, Donald Trump a récemment annoncé une trêve de trois jours entre l'Ukraine et la Russie, une initiative acceptée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cependant, l'optimisme est mesuré. « Tout le monde attend la paix, mais je crains que ce ne soit pas pour tout de suite », commente Elena.
Le conflit qui fait rage depuis février 2022 est devenu le plus meurtrier d'Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, causant des pertes incommensurables des deux côtés. Au cœur de la cérémonie sur la place Rouge, Vladimir Poutine a insisté sur le caractère « juste » de la guerre, tandis que d'anciens combattants, comme Lidia, expriment un désir de paix, mais en insistant sur le besoin de défendre les territoires revendiqués par la Russie.
Une célébration sous le signe de l'indifférence
Les drapeaux russes et les affiches prônant fierté et mémoire ont orné les façades de la ville, mais l'ambiance générale reste morose. Les événements sur la place Rouge, réduits à 45 minutes, tranchent avec les somptuosités des précédentes célébrations, notamment celle marquant le 80e anniversaire de la victoire sur le nazisme, où de nombreux chefs d'État étrangers avaient fait le déplacement.
Pour des jeunes comme Daniil, 26 ans, le 9-Mai n'est rien d'autre qu'un jour banal. « Je n'y pense même pas », déclare-t-il en se rendant à la salle de sport. Oksana, une infirmière venue de l'Oural, est elle aussi perplexe face à l'atmosphère désenchantée, cherchant à naviguer dans les rues de la capitale sans connexion mobile, une situation qui résume à elle seule l'état d'esprit général.







