Alors que les néo-banques telles que Revolut ou Deblock proposent des actifs virtuels depuis plusieurs années, des institutions traditionnelles telles que BNP Paribas, Caisse d'Epargne et le Groupe BPCE commencent à explorer ce domaine.
Le bitcoin, qui a atteint un pic historique de 125 000 dollars en octobre dernier, a connu des fluctuations importantes. Il a chuté à environ 60 000 dollars en février 2026, mais lutte actuellement pour dépasser les 80 000 dollars.
Pour capter l'intérêt des investisseurs, les banques adoptent deux stratégies distinctes. D'une part, le Groupe BPCE a lancé, fin 2025, une plateforme nommée Hexarq, permettant aux clients d'acheter et de gérer leurs cryptomonnaies via un abonnement. En revanche, BNP Paribas, ainsi que Boursobank de la Société Générale, offre des ETN (Exchange Traded Notes) depuis fin mars 2026. Ces titres suivent la valeur des cryptomonnaies, mais ne permettent pas aux clients de les posséder directement.
Un cadre sécurisé pour les clients
Le caractère fluctuant du bitcoin signifie que les investisseurs peuvent voir leur titre chuter en valeur. Laurent Monet, responsable épargne chez BNP Paribas, souligne que le processus est conforme à la réglementation MiFiD, qui nécessite que les banques évaluent le profil et la situation financière de leurs clients, les alertant ainsi sur les risques.
Hexarq se veut accessible aux "clients avertis" souhaitant investir avec sécurité, surtout après le scandale de la plateforme FTX, qui a entraîné la perte de près de 9 milliards de dollars. Contrairement à d'autres plateformes comme Binance ou Coinbase, Hexarq se limite à quatre cryptomonnaies : bitcoin, ether, solana et l'USDC, un stablecoin lié au dollar américain.
Bien qu'aucune banque n'offre de conseils d'investissement sur les cryptomonnaies, toutes citent une forte demande. D'après l'association Adan, en 2026, un tiers des Français n’ayant jamais investi dans les cryptomonnaies se montrent désormais intéressés.
Une image à moderniser
D'après Dima Kats, expert fintech, le changement de cap des banques est en grande partie symbolique : "Elles souhaitent afficher une modernité qui renforce leur image de marque, se présentant comme des acteurs technologiques avancés." Il met en avant le potentiel de la blockchain pour transformer les marchés financiers, rendant les transactions plus instantanées et moins coûteuses.
En décembre dernier, un consortium de banques européennes, incluant BNP Paribas, a annoncé son intention de lancer un stablecoin européen d'ici 2026, renforçant ainsi leur position sur le marché des cryptomonnaies. Selon le baromètre Adan 2026, seulement 11 % des Français possèdent au moins un actif crypto, mais ce chiffre montre une légère tendance à la hausse, notamment parmi des clients majoritairement masculins et diplômés, âgés de 39 ans en moyenne.







