Une récente épidémie d'hantavirus à bord du MV Hondius a suscité l'enthousiasme de la sphère complotiste. Les États-Unis sont particulièrement touchés, avec des affirmations autour d'une prétendue crise orchestrée.
Les premiers cas d'hantavirus détectés sont instantanément devenus un terreau fertile pour la désinformation, semblable à celle observée lors de la crise du Covid-19. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapidement clarifié que ces infections à bord d'un navire ne sont pas liées à la pandémie de 2019. Pourtant, les théoriciens du complot continuent d'affirmer qu'il s'agit d'une nouvelle alerte sanitaire mondiale.
Des figures publiques comme Alex Jones, connu pour ses discours extrêmes, ont déjà exprimé des doutes. Il a affirmé sur X que cette épidémie pourrait être une manœuvre orchestrée par des "mondialistes" visant à instaurer un nouveau confinement avant les élections législatives américaines. Ce scénario implique que les confinements forceraient les électeurs à voter par correspondance, favorisant selon certains une fraude électorale.
La résurgence de ces théories rappelle à Yotam Ophir, spécialiste de la désinformation à l'Université de Buffalo, que les fausses informations ne s'évanouissent pas après une crise. En effet, elles peuvent même se renforcer, alimentées par un environnement polysémique d'incertitude et de méfiance.
Ces croyances sont également renforcées par des discours politiques. Des personnalités comme Marjorie Taylor Greene, ancienne députée, qualifient l'hantavirus d'"arme biologique" créée par des industries pharmaceutiques pour profiter de la situation et recommander des traitements non validés, souvent basés sur l'ivermectine, déjà controversée lors de la crise du Covid-19.
Les algorithmes des réseaux sociaux propagent ces narratives de manière fulgurante, rendant l'accès à des informations fiabilisées encore plus difficile. Les experts insistent sur le fait que bien que l'hantavirus soit une menace réelle, son exploitation par des théories complotistes ne fait qu'ajouter à la confusion générale.
Il est réellement crucial de contrer la désinformation avec des données scientifiques et des recherches rigoureuses pour restaurer la confiance du public. Comme l'indique John Lednicky, virologue à l'Université de Floride, "l'ivermectine, bien qu'elle ait été popularisée, n'est pas efficace contre les maladies virales comme le Covid-19 ou l'hantavirus".







