Des frappes aériennes menées par l'armée nigériane ont causé la mort de plus de 100 civils, transformant une journée déjà violente en un drame insupportable. En ciblant des groupes armés actifs dans le nord-ouest, le gouvernement espérait frapper un coup décisif. Cependant, ces opérations ont, au contraire, jeté une lumière crue sur les conséquences parfois catastrophiques de la guerre contre la criminalité. Selon Garba Ibrahim Mashema, un responsable local, au moins 72 corps, dont ceux de nombreux civils, ont été retrouvés après une frappe sur le marché très fréquenté de Tumfa, dans l'État de Zamfara.
Le chef communautaire a souligné que les frappes ont touché plusieurs villages, dont Kwashabawa et Manawa, avec des conséquences dévastatrices : « Les blessés ont été transportés vers les hôpitaux de Zurmi et Shinkafi, mais le bilan pourrait s'alourdir », a-t-il déclaré. Amnesty International a fait état d'au moins 100 morts, tandis qu’un habitant, Aliyu Musa, avance le chiffre de 117, indiquant que les corps avaient été récupérés parmi les décombres et que la situation sur le terrain reste confuse.
L'armée a justifié son intervention en affirmant avoir obtenu des renseignements sur une réunion de cadres terroristes dans la région. Cependant, leur porte-parole, le général de division Michael Onoja, a qualifié d'« inexactes » les allégations selon lesquelles des civils auraient été touchés. Dans une zone déjà en proie à des violences incessantes de la part de groupes locaux, ces frappes ne font qu'aggraver la tension et la peur parmi la population.
Au-delà des frappes aériennes, les bandits, déchaînés, ont tué une trentaine de voyageurs sur la route Magami-Dansadu, ajoutant à la longue liste de tragédies qui frappent cette région. John Ezra, un habitant de la localité, a exprimé son désarroi : « Nous n'étions pas proches de la cache des terroristes, mais nos maisons ont été bombardées ». Les conséquences des opérations militaires sur la population font souvent l'objet de révoltes silencieuses, alors que des enquêtes sur ces incidents, lorsqu'elles sont ordonnées, n'aboutissent généralement à aucun résultat tangible.
Comme l'indique un rapport de l'ONU, la nature multiforme des conflits au Nigeria, avec des groupes criminels se mêlant parfois aux djihadistes, complique encore davantage la situation. Face à cette tragédie, la voix des victimes, souvent étouffée, évoque un besoin urgent de réformes dans la stratégie de lutte contre la criminalité et le terrorisme.







