Les signaux d'alerte sont au plus haut. Cette année, les incendies pourraient atteindre des niveaux « particulièrement graves » à travers le globe, à cause du changement climatique et de l’El Niño, selon les mises en garde de chercheurs.
« La saison des incendies a démarré très tôt cette année, avec 50 % de plus de surfaces brûlées par rapport à la moyenne habituelle », affirme Theodore Keeping de l'Imperial College de Londres. Depuis le début de l'année, environ 163 millions d'hectares ont brûlé, soit 20 % de plus que le précédent record établi depuis le début de la surveillance en 2012, selon le Système d’information mondial sur les incendies (GWIS).
Cette situation est particulièrement aiguë en Afrique, où des niveaux records d'incendies sont enregistrés dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et du Sahel. Les conditions climatiques oscillent entre de fortes pluies favorisant la végétation et des périodes de sécheresse, créant ainsi un terreau fertile pour les incendies.
Conséquences d'El Niño
Les experts alertent sur les effets du retour imminent de l'El Niño, un phénomène naturel cyclique dans l'océan Pacifique qui influe sur le climat mondial. L’Organisation météorologique mondiale annonce que ce retour est de plus en plus probable entre mai et juillet, alors que l’effet inverse, la La Niña, s'estompe. Cette situation pourrait intensifier le réchauffement causé par les activités humaines.
Selon Theodore Keeping, « la probabilité d’incendies extrêmes pourrait atteindre des niveaux historiques si un puissant El Niño se développe ». Ce phénomène pourrait entraîner des périodes de chaleur et de sécheresse extrêmes en Australie, dans le nord-ouest des États-Unis, au Canada, et dans la région amazonienne.
Friederike Otto, également de l’Imperial College, prédit que ce type d'El Niño, couplé aux tendances de changement climatique, pourrait engendrer des « extrêmes climatiques sans précédent » cette année.







