Le nouveau patriarche de l'Église orthodoxe géorgienne, Chio III, a été officiellement intronisé mardi, devant une assemblée de fidèles et de dignitaires, dont le Premier ministre Irakli Kobakhidzé et Bidzina Ivanichvili, le fondateur du parti au pouvoir, Rêve géorgien.
Les chants de la chorale résonnaient dans la cathédrale Svetitskhoveli, à Mtskheta, soulignant la solennité de l'événement. À 57 ans, Chio III, né Elizbar Moudjiri, a été élu par le Saint-Synode, la plus haute instance décisionnelle de l'Église. Avec des études en Géorgie et en Russie, il est perçu comme un proche du parti au pouvoir, un lien qui suscite des inquiétudes parmi certains observateurs.
Rêve géorgien est souvent critiqué pour son éloignement des structures européennes, au profit d'une proximité avec la Russie, une tendance que le nouveau patriarche pourrait renforcer, selon l'expert en religion, Levan Soutidzé. Ce dernier a exprimé ses préoccupations quant à une potentielle intégration accrue de l'influence russe dans la vie géorgienne.
Chio III prend la relève d'Ilia II, qui a dirigé l'Église pendant près de cinquante ans. Sous sa direction, l'Église orthodoxe géorgienne a consolidé son emprise sur le paysage politique et social. Toutefois, certains critiques mettent en garde contre son manque de réaction face aux tensions entre le gouvernement et l'opposition, ainsi que son soutien à des législations conservatrices. Une dynamique d'une certaine ambivalence vis-à-vis des droits de l'homme et de la dissidence se dégage également, exacerbée par une présence officielle russe récente lors des funérailles d'Ilia II.
Les relations diplomatiques entre la Géorgie et la Russie étant rompues depuis le conflit de 2008, les tensions persistent : environ 20% du territoire géorgien restant sous contrôle russe.
Face à un avenir incertain, la Géorgie devra naviguer habilement entre son identité nationale, les influences externes et les pressions internes pour préserver sa souveraineté.







