L'Eurovision fait à nouveau l'objet de débats enflammés, principalement en raison de la participation d'Israël. L'Union européenne de radio-télévision (UER) a décidé de sanctionner l'État hébreu pour sa campagne promotionnelle jugée excessive, qui a réduit le nombre de votes autorisés. Quelles conséquences cette mesure aura-t-elle sur le concours ?
À quelques jours de l'Eurovision, la délégation israélienne a lancé une série de vidéos où l'artiste franco-israélien Noam Bettan appelait le public à voter pour sa chanson Michelle lors de la première demi-finale, qui a eu lieu le 12 mai. Dans ces vidéos, Bettan s'adressait à un large auditoire, incitant les téléspectateurs à voter jusqu'à dix fois pour sa performance.
Sanction de l'UER
Cette année, l'UER a décidé d'agir rapidement face à cette campagne promotionnelle. Martin Green, le superviseur exécutif de l'Eurovision, a affirmé à la chaîne norvégienne TV2 : "Dès que nous avons pris connaissance des vidéos incitant à voter dix fois, nous avons immédiatement contacté la délégation israélienne pour demander la cessation de leur diffusion." Israël s'est plié à cette demande.
Les règles de l'Eurovision interdisent clairement aux artistes et diffuseurs de participer à des campagne promotionnelles qui pourraient influencer le vote. Une mesure imposée pour garantir l'intégrité du concours, dont la violation peut entraîner des sanctions sévères.
Tensions persistantes autour des votes israéliens
Les campagnes promotionnelles d'Israël ne sont pas une nouveauté. L'an dernier, l'artiste Yuval Raphael avait également suscité des débats similaires, après avoir obtenu des résultats remarquables grâce à une stratégie de vote massive. En 2024, malgré un score médiocre du jury, le public avait accordé plus de 320 points à Eden Golan, la plaçant dans le top 5.
Ces succès ont suscité l'inquiétude de plusieurs diffuseurs participant depuis longtemps au concours, qui ont demandé une enquête sur les possibles manipulations de vote orchestrées par Israël.
Enquête du New York Times
Dans un article récent, le New York Times a examiné les pratiques de vote d'Israël et révélé des informations troublantes. Le média américain a souligné que les résultats de l'UER de 2025 n'avaient pas été analysés de manière approfondie, et que l'influence des diplomates israéliens sur l'institution était préoccupante.
Des allégations indiquent que le gouvernement israélien aurait investi jusqu'à 800 000 dollars dans des campagnes promotionnelles, en violation des règles du concours prohibant toute ingérence gouvernementale. De plus, des avocats de l'UER avaient conclu que l'exclusion d'Israël du concours était juridiquement possible, mais cette décision n'a pas été mise en œuvre suite à un vote tardif parmi les membres de l'UER en décembre 2025.
Des détails fournis par le New York Times montrent qu'Israël a bénéficié de votes massifs, comme en Espagne, où le pays a obtenu plus de 47 500 votes, un score délibérément plus élevé que celui de ses concurrents. Le média a même suggéré que quelques centaines de votants pouvaient avoir une influence disproportionnée sur les résultats.
En réponse à ces tensions, l'UER a décidé de réduire le nombre maximum de votes de 20 à 10 pour l'Eurovision 2026, soulevant des interrogations quant à l'impact de cette modification sur la prochaine édition du concours.







