Mercredi soir, le Sénat des Philippines a été secoué par plusieurs coups de feu. Selon des journalistes de l’AFP présents sur les lieux, au moins trois détonations ont été entendues, peu après l’arrivée de soldats armés, portant des gilets pare-balles.
Le Sénateur Ronald Dela Rosa, ancien responsable de la lutte contre la drogue sous la présidence de Rodrigo Duterte, s'est réfugié dans la chambre haute. Il fuit un mandat d'arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) et cela fait maintenant trois jours qu’il cherche à échapper à l’arrestation.
Coresponsable de la « guerre contre la drogue »
Le président du Sénat, Alan Peter Cayetano, allié de Dela Rosa, a déclaré dans une vidéo en direct qu'« nous sommes attaqués », sans donner plus de précisions. Un autre sénateur, Robin Padilla, a été vu en train de demander aux journalistes de quitter les lieux alors qu’il montait les escaliers.
Dela Rosa a non seulement appelé ses camarades militaires à résister aux efforts du gouvernement pour le faire procéder à son arrestation, mais il a également plaidé pour qu’aucun membre des forces armées ne soit complice de son extradition vers les Pays-Bas.
Connue sous le surnom de « Bato », Dela Rosa est cité par la CPI comme coauteur dans la campagne controversée de lutte contre la drogue de Duterte, qui aurait coûté la vie à des milliers de personnes. La CPI lui reproche également des crimes contre l’humanité, en lien avec des meurtres.
Des accusations graves
Ronald Dela Rosa a exprimé sa profonde inquiétude, appelant ses anciens camarades de l’Académie militaire des Philippines à faire entendre leurs voix pour empêcher son extradition. Le 11 mars de cette année, Rodrigo Duterte, l'ancien président, a également été arrêté à Manille. Il attend maintenant son procès à La Haye pour, entre autres, son rôle dans au moins 76 meurtres se rattachant à cette guerre contre la drogue.
La situation défie les autorités et soulève des questions cruciales concernant l’avenir politique des Philippines, alors que les relations entre les différents acteurs politiques semblent de plus en plus tendues. Selon plusieurs analystes politiques, la stabilité du pays pourrait être mise à mal si cette crise se prolonge.







