Le rapport d'Amnesty International est accablant. En 2025, 2.707 personnes ont été condamnées à mort et exécutées, un chiffre qui représente une augmentation de 78 % par rapport à l'année précédente. Ce total, le plus élevé depuis 1981, est particulièrement dû à la répression sanglante en Iran, où 2.159 exécutions ont été rapportées.
En plus de l'Iran, d'autres pays comme l'Arabie Saoudite (356 exécutions), le Yémen (au moins 51), les États-Unis (47), et l'Égypte (23) ont également contribué à ces statistiques sombres. Dans son analyse, Amnesty souligne qu'au total, 17 pays ont mené des exécutions en 2025.
Anne Denis, responsable de la commission peine de mort, torture et santé chez Amnesty, a partagé son analyse des événements avec BFM TV. Malgré ce tableau sombre, elle reste optimiste quant à un éventuel mouvement vers l'abolition de la peine de mort.
Une recrudescence alarmante
Il est inquiétant de constater qu'en 2025, alors que le nombre global d'États pratiquant la peine de mort a diminué, ceux qui continuent de l'appliquer sont de plus en plus efficaces dans l'utilisation de cette sentence. "L'abolitionnisme progresse, mais les irréductibles continuent d'exécuter en masse", raconte Anne Denis.
L'impact de l'Iran et de l'Arabie Saoudite
La hausse notée cette année provient en grande partie de la situation en Iran et en Arabie Saoudite. Ensemble, ces deux nations représentent près de 93 % des exécutions dans le monde. En Iran, les exécutions sont souvent utilisées comme moyen de répression politique. De janvier à mai 2025, il a été rapporté environ 650 exécutions, suivies d'une nouvelle vague de répression avec près de 1.500 exécutions supplémentaires en fin d'année.
En Arabie Saoudite, la majorité des exécutions ont été liées à des infractions aux lois sur les drogues, ce qui pose un problème sérieux selon les normes internationales qui limitent la peine de mort aux crimes les plus graves.
La situation en Chine et aux États-Unis
Amnesty ne publie pas de chiffres sur la Chine, où plusieurs milliers d'exécutions auraient eu lieu, ces données étant considérées comme des secrets d'État. En revanche, les États-Unis font leur retour dans le top cinq des pays ayant le plus d'exécutions, avec 47 en 2025, un chiffre élevé depuis 2009.
Malgré cette situation préoccupante, des progrès sont observés dans d'autres pays. Des États comme le Vietnam et la Gambie ont aboli la peine de mort pour plusieurs infractions, et des débats sont en cours en Afrique, notamment au Nigéria.
En dépit des défis persistants, l'optimisme perdure en raison des avancées vers l'abolition. L'Assemblée générale des Nations Unies continue d'adopter des résolutions pour établir un moratoire sur la peine de mort, avec 130 pays soutenant cette initiative en 2024.







