Des révélations alarmantes émergent en Espagne concernant une présumée officine au sein du Parti socialiste (PSOE), chargée de manipuler des enquêtes judiciaires visant des individus près du Premier ministre. La pression sur Pedro Sánchez augmente, alors qu'il insiste n'avoir "jamais eu connaissance" d'une telle initiative.
Lors d'un sommet en Monténégro, il a affirmé : "Je n'ai jamais donné mon aval, je n'ai jamais eu d'informations (et) je n'ai jamais eu connaissance de quoi que ce soit". Cette affirmation s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes au sein du PSOE, depuis la perquisition de son siège le 27 mai et la révélation de premiers éléments d'une enquête en cours depuis plusieurs mois.
Cette affaire, nommée "L'affaire Leire Díez" du nom d'une ancienne militante socialiste, a pris de l'ampleur suite à l'implication de Mercedes González, directrice de la Garde civile. Cette dernière est accusée d'avoir eu plusieurs rencontres avec Leire Díez, qui, selon les enquêteurs, cherchaient à influencer les enquêtes menées par la Garde civile.
Fernando Grande-Marlaska, ministre de l'Intérieur, a assuré que González "n'a jamais pris part à aucune opération contre aucune unité de la Garde civile". Cependant, l’ombre de cette affaire plane sur la Garde civile, alors qu’un rapport mentionne que des rencontres entre les deux femmes auraient eu lieu en 2024 et 2025.
Une organisation contre le système judiciaire
Les enquêteurs, sous la direction du juge Santiago Pedraz, évoquent une organisation structurée ayant pour but de "déstabiliser systématiquement" les procédures judiciaires touchant le PSOE ou le gouvernement. Leire Díez et Santos Cerdán, ancien numéro 3 du PSOE, sont au cœur de cette affaire, s’accusant mutuellement de mener une campagne médiatique nuisible.
Les investigations révèlent une montée en puissance de ce système au printemps 2024, après l’inculpation pour trafic d’influence de Begoña Gómez, épouse de Pedro Sánchez. Bien que des conversations enregistrées mentionnent un possible ordre du chef du gouvernement, celui-ci continue de nier toute implication.
Les effets d’une pression croissante
Le Parti populaire (PP) demande des élections anticipées, rappelant les promesses de transparence faites par Sánchez. Malgré les accusations qui touchent des figures importantes du PSOE, le chef du gouvernement résiste à la pression et maintient le calendrier électoral prévu pour l'an prochain. Cependant, les révélations en cours pourrait changer la donne.
Sánchez doit s’expliquer devant les députés avant la fin de juin. La pression monte alors que le juge a demandé l’accès à des comptes bancaires liés au PSOE, laissant présager de nouveaux développements dans cette affaire qui s'annonce explosive pour le gouvernement.







