Les États-Unis ont repris jeudi soir leurs frappes contre l'Iran suite aux avertissements de Donald Trump, qui a accusé Téhéran de se "moquer" du pays.
Selon des déclarations du Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), l'armée a effectué des frappes "en légitime défense" sur plusieurs cibles en Iran.
"Ces frappes sont une réponse à l'agression injustifiée et continue de l'Iran", a précisé un représentant sur X.
Des médias iraniens ont signalé des explosions dans le sud, près du détroit d'Ormuz.
Le président américain avait auparavant averti que les États-Unis allaient "réagir fermement" contre l'Iran.
"Nous étions proches de parvenir à un accord, mais ils continuent à jouer avec nous", a déploré Donald Trump lors d'une conférence de presse.
Avant le début de la Coupe du monde de football, où l'équipe iranienne se produira, Trump avait déclaré que l'Iran prenait trop de temps pour négocier et qu'il en paierait le prix.
"Les frappes de ce soir seront puissantes et précises", a ajouté Pete Hegseth, chef du Pentagone, lors d'une intervention au quartier général du Centcom à Tampa.
- Pas d'accord "sous la menace" -
Mardi, Trump avait annoncé un "très bon accord" devant se concrétiser sous "deux à trois jours", mais de nouveaux échanges de tirs ont éclaté tôt mercredi. Il a aussi exprimé sa disposition à cibler des infrastructures telles que des centrales électriques et des ponts en Iran.
"Les infrastructures critiques sont essentielles", a rétorqué le président iranien Massoud Pezeshkian sur X, ajoutant que les menacer n'est pas un "signe de force, mais de désespoir".
L'ambassadeur iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a déclaré qu'"aucun accord ne peut se concrétiser sous intimidation ou menaces d'attaque".
L'Iran a précédemment revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie, en réponse aux frappes américaines, déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.
Dans le même temps, l'armée koweïtienne a signalé avoir fait face à "des cibles aériennes hostiles", sans préciser leur origine. Les autorités de Bahreïn ont déclaré avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l'armée jordanienne a détruit cinq missiles visant la base américaine d'Azraq.
Les États-Unis ont également neutralisé un pétrolier tentant de contourner le blocus des ports iraniens, entraînant la disparition de trois membres d'équipage indiens, provoquant une protestation de New Delhi.
- 100 millions de barils -
Sur Truth Social, Trump a affirmé que l'armée avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers dans le détroit d'Ormuz", facilitant le passage de "100 millions de barils de pétrole".
Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a exprimé ses regrets face à "l'escalade des attaques" et a averti d'un risque de "guerre totale" dans le Golfe.
Des médiateurs du Qatar ont été envoyés à Téhéran, selon un diplomate de l'AFP, soulignant un potentiel dialogue malgré les tensions.
Les attaques américaines en réponse à l'hélicoptère ont ciblé les villes de Jask et Sirik, ainsi que l'île de Qeshm.
En matière nucléaire, le Conseil des gouverneurs de l'IAEA a adopté une résolution demandant à l'Iran de fournir des informations complètes sur son inventaire nucléaire.
Un représentant iranien a qualifié cette résolution de "contre-productive" dans ce contexte tendu.
- Appel de Netanyahu aux Libanais -
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a appelé mercredi les Libanais à s'opposer au Hezbollah, considérant que leur pays était "pris en otage" par ce groupe pro-iranien.
Après des frappes israéliennes sur Beyrouth, Iran et Israël ont échangé des attaques, marquant une nouvelle escalade du conflit, sur fond de cessez-le-feu fragile.
Téhéran exige que le Liban, confronté à une guerre entre le Hezbollah et Israël, soit impliqué dans toute négociation visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Ainsi, plus de 3 600 personnes ont perdu la vie au Liban depuis le début des frappes israéliennes.







