Benjamin Netanyahu s'engage à nouveau dans la course électorale en prévision des législatives, prévues pour octobre, selon une annonce de son parti, le Likoud. Cette décision pourrait symboliser soit le crépuscule d'un des plus grands dirigeants israéliens, soit un nouveau rebondissement de ce stratège politique, capable de bouleverser les attentes.
Âgé de 76 ans, le Premier ministre a confirmé sa candidature par le biais d'un message diffusé sur Telegram, où il a ajouté : "Avec l'aide de Dieu, nous remporterons ces élections". Cette déclaration arrive à un moment où son mandat a été émaillé de plusieurs crises majeures.
Depuis le début de l'année, Israël se trouve engagé sur plusieurs fronts : à Gaza, au Liban, et dans ses relations avec l'Iran. Bien que les objectifs de Netanyahu, tels que l'affaiblissement des capacités militaires du Hamas et la neutralisation du Hezbollah, soient clairement affichés, les résultats tangibles se font attendre.
Les élections israéliennes, prévues au plus tard en octobre, sont marquées par des tensions croissantes au sein du paysage politique.
- Relations tendues avec Trump -
Netanyahu, qui détient le record de longévité au poste de Premier ministre, avec plus de 18 ans cumulés depuis 1996, aspire à un dernier mandat, tout en étant embourbé dans une affaire de corruption qui dure depuis cinq ans. Il espère obtenir une grâce présidentielle pour alléger ce fardeau judiciaire.
Cette campagne intervient également dans un contexte diplomatique complexe, avec des interrogations sur les liens entre Israël et les États-Unis. Le président Donald Trump a récemment laissé entendre que l'avenir politique de Netanyahu est incertain, déclarant : "Il a eu une carrière extraordinaire, mais sa volonté de continuer demeure une question ouverte".
Bien que Trump reste un allié, leurs divergences se sont accentuées, notamment sur des questions relatives à la guerre avec l'Iran.
- Critiques virulentes -
Surnommé affectueusement "Bibi", il est cependant perçu par une majorité d'Israéliens comme le responsable de l'échec sécuritaire qui a conduit à l'attaque choquante du Hamas le 7 octobre 2023. Cette perception a alimenté les critiques acerbes de l'opposition, qui l'accuse d'avoir fragilisé l'unité nationale, en particulier à travers ses réformes judiciaires controversées.
Depuis son retour au pouvoir à la fin de 2022, Netanyahu gouverne en coalition avec des partis d'extrême droite, mais se trouve sans majorité absolue à la Knesset, suite à la défection des formations ultra-orthodoxes concernant des questions de conscription.
Cette coalition ne dispose aujourd'hui que de 60 sièges sur les 120 que compte le parlement israélien.
Les répercussions des récentes manifestations, notamment celles pour la libération des otages retenus à Gaza, ont exacerbé les tensions. Selon un sondage publié par l'Institut israélien de la démocratie, 61% des Israéliens, dont 57% des Israéliens juifs, croient que Netanyahu ne devrait pas se représenter.
Cependant, un autre sondage diffusé par KAN a révélé que le Likoud restait en tête des intentions de vote, mais sans garantie de former un gouvernement clair, au vu de la fragmentation politique actuelle.







