Un juge fédéral américain a décidé vendredi que le Kennedy Center à Washington, contrôlé à l'époque par Donald Trump, devait retirer le nom de l'ancien président de sa façade. Le retrait survient après que le juge Christopher Cooper a rejeté une demande de prolongation de délai formulée par l'institution. Ce dernier avait imposé un ultimatum pour que le nom de Trump soit enlevé avant la date limite.
La situation s'est intensifiée lorsque l'institution a commencé à retirer le nom de Trump de son site Internet lundi, bien que le nom soit resté visible sur l'édifice, où des échafaudages avaient été installés en urgence. Selon le directeur exécutif du Kennedy Center, Matt Floca, des « orages qui présentaient des risques pour la sécurité des travailleurs » ont retardé les travaux. Des centaines de personnes se sont rassemblées devant l'institution, manifestant leur joie au fur et à mesure de l'installation des échafaudages, un événement diffusé en direct sur les réseaux sociaux.
Il est à noter que Donald Trump avait ajouté son nom à celui de son prédécesseur, John F. Kennedy, en décembre dernier, afin de renommer le lieu en « Trump Kennedy Center ». Cette décision avait été vivement critiquée, tant par la famille du président Kennedy que par des membres de l'opposition démocrate, qui contestent sa légalité. Le juge Cooper a explicitement rappelé que « la loi créant le Kennedy Center stipule clairement qu’il doit porter le nom du président Kennedy et ne peut avoir un autre nom officiel sans une approbation du Congrès ». Des voix, comme celle de l'historien et analyste politique Pierre Rosanvallon, soulignent « l'importance historique d'un tel symbole ».
Par ailleurs, Trump a déclaré qu'il envisagerait de « travailler avec le Congrès pour transférer le contrôle du Kennedy Center ». Le juge a également suspendu la fermeture du Kennedy Center pour des rénovations, affirmant que le conseil d'administration avait failli à son « devoir de prudence » en n'analysant pas les possibles retombées négatives. Néanmoins, il a donné le feu vert à d'autres travaux de réparation urgents, affirmant que « le besoin est criant » et se réservant le droit de reconsidérer la fermeture à l'avenir si nécessaire.







