Un incident inattendu a eu lieu lors du conseil municipal d'Ivry-sur-Seine, jeudi dernier. Kévin Nader, un élu du Rassemblement national, a surpris tous les participants en sortant un crucifix et en récitant la prière "Je vous salue Marie" à un moment inopportun.
Ce geste intervenait après que son amendement visant à interdire le port ostentatoire de signes religieux a été rejeté par le maire communiste Philippe Bouyssou. L’amendement visait à stipuler que, "dans l’exercice de toute fonction de représentation de la collectivité, le port d’un signe ou d’une tenue manifestant ostensiblement une appartenance religieuse est interdit". Cependant, le maire a choisi de ne pas soumettre cette proposition au vote.
Une réaction outrageante selon le maire
Suite au rejet de l’amendement, Nader a critiqué Bouyssou pour son manque d'engagement envers le principe de laïcité, poussant le maire à s’exclamer en retour : "Ce que vous venez de faire constitue un crime politique ! C'est une honte, un véritable scandale." Il a demandé à l’élu RN de quitter la séance, entraînant la suspension du conseil municipal.
Sur sa page Facebook, Nader a justifié son acte en affirmant avoir "exprimé sa foi de catholique pratiquant", tandis que le maire a réaffirmé son engagement pour la laïcité en insistant sur la nécessité de garder une certaine neutralité religieuse dans l’exercice des fonctions publiques.
Il convient de noter que, bien qu'il prône la neutralité, deux élues de la majorité de Bouyssou portent le voile islamique, ce qui a été souligné par des médias tels que Le Figaro et le JDD. Bouyssou a également déclaré son intention de saisir le préfet du Val-de-Marne concernant le comportement de l’élu RN.
Ce que dit la loi
La jurisprudence administrative stipule que le principe de neutralité religieuse s'applique aux agents du service public, mais pas aux élus. Récemment, le tribunal administratif a validé une décision de la ville de Châlon-sur-Saône d’interdire le port de signes religieux lors des conseils municipaux. Cette décision, bien que controversée, démontre que l’application du principe de laïcité peut varier d'une commune à l'autre.







