Le tribunal correctionnel de Paris a ouvert un procès jeudi 25 juin 2026 concernant des essais cliniques non autorisés menés entre 2017 et 2019 aux abords de Poitiers.
Une polémique éclate autour d'une prétendue « découverte » médicale contre les maladies de Parkinson et Alzheimer, testée clandestinement sur des participants dans une abbaye. Le tribunal correctionnel de Paris examine les activités d'un professeur controversé, Jean-Bernard Fourtillan, en l'absence des principaux accusés.
Quatre personnes, âgées de 76 à 82 ans, dont Pr Fourtillan et sa compagne Marianne, sont jugées pour avoir réalisé des recherches médicales non autorisées, visant à tester des patchs censés améliorés les traitements des maladies neurodégénératives.
Le procès, qui devait initialement se tenir en décembre, a été reporté suite à l'internement psychiatrique du Pr Fourtillan, qui demeure introuvable. Il fait face à des accusations pour exercice illégal de la médecine, escroquerie, ainsi qu'un détournement de presque 130 000 euros d'argent collecté via son association pour financer son projet.
Une hormone controversée
Fourtillan, pharmacien et conférencier, prétend avoir découvert une hormone, la valentonine, produite par la glande pinéale, qu'il souhaite utiliser pour soigner ces maladies, en la combinant avec une autre hormone, le 6-méthoxy-harmalan. Cependant, cette méthode a été rejetée par les instances médicales. Le Pr Henri Joyeux, un expert présent à l'audience, regrette la démarche du professeur, affirmant que « si cela avait été fait légalement, nous ne serions pas là ». Il met en avant le « syndrome du découvreur » qui a poussé Fourtillan à ignorer les protocoles réglementaires.
Tests sur 385 participants
Pour mener à bien ses essais, Fourtillan, avec l'aide de sa femme, a donné rendez-vous à des volontaires dans l'abbaye de Saint-Croix, où les religieuses accueillent traditionnellement des groupes en retraite. Les investigations révèlent que 385 personnes, malades ou en bonne santé, ont été soumises à ce traitement non réglementé lors de 19 sessions nocturnes entre mai 2018 et août 2019.
Chaque session commençait par un repas, suivi d'une présentation du traitement par Fourtillan avant que chaque participant reçoive un patch. Des prélèvements sanguins étaient réalisés dans la nuit par des infirmiers, et les échantillons envoyés à des laboratoires pour analyses. Bien que Fourtillan ait affirmé avoir observé des résultats « spectaculaires », aucune validation scientifique n'a été accordée à ses découvertes.
Pratiques douteuses et financements
Son fonds Josefa, nommé d'après une religieuse mystique, avait promis une mise en vente des patchs en pharmacie pour 2020 et a récolté 700 000 euros de dons depuis 2015. En réponse aux manœuvres procédurales de la défense du Pr Joyeux, Me Philippe Marion, représentant des parties civiles, déclare : « le temps qui passe réduit l'espérance de vie des victimes atteintes des maladies dégénératives ». Deux laboratoires impliqués dans ces essais ont déjà plaidé coupable et reçu des amendes allant jusqu'à 220 000 euros. Le procès se poursuivra jusqu'au 9 juillet.







