Où se trouve Aude Fagot ? Près d’un mois après la disparition de cette infirmière de 44 ans à Jougne (Doubs), les perplexités s’amoncellent. L’ouverture d’une enquête pour enlèvement et séquestration renforce les ressources mobilisées, mais le facteur géographique pose un défi de taille : la frontière franco-suisse.
La voiture laissée abandonnée de la quadragénaire a été retrouvée à quelques encablures des postes frontaliers suisses. Pour les enquêteurs de la section de recherches de Besançon, cette proximité géographique risque de transformer le dossier en un véritable casse-tête logistique et légal. Dans cette région boisée, traverser d'un pays à l'autre est un jeu d’enfant. Comme l’explique un ancien gendarme spécialisé dans ce type d'investigations : "Cela peut compliquer énormément les choses, surtout dans le cadre juridique et procédural. Un gendarme français ne peut pas mener d'opérations côté suisse sans autorisation."
Une coopération internationale essentielle
Bien que la Suisse soit membre de l’espace Schengen, ses lois judiciaires demeurent distinctes. Les gendarmes français ne peuvent pas y mener d’auditions ou y effectuer des perquisitions librement. Chaque acte sur le sol suisse nécessite une demande d’entraide judiciaire internationale, un processus qui risque d’entraver l’élan de l’enquête. "Pour surmonter cet obstacle, le juge d'instruction français interviendra pour solliciter l'entraide judiciaire transfrontalière, ce qui est plus rapide grâce aux accords bilatéraux établis ", précise un expert des affaires criminelles.
Le juge peut également délivrer une commission rogatoire internationale, permettant aux enquêteurs français d’unir leurs efforts avec leurs homologues suisses dans la collecte de preuves.
Une vie partagée entre deux pays
La dimension transfrontalière ne peut être négligée, surtout avec une voiture abandonnée à quelques minutes des douanes. Cette réalité souligne l'importance d'une collaboration active avec les forces de sécurité suisses. Selon des participants à la battue citoyenne du 8 juin, des membres des forces de l’ordre suisses étaient présents, bien que leur implication n’ait pas encore été confirmée.
Il est important de rappeler qu’Aude Fagot vivait entre les deux pays. Elle habitait en France tout en s’apprêtant à reprendre son travail d’infirmière en Suisse, où travaille également son compagnon, Hédi Merras. Pour reconstituer les derniers jours de la disparue, il sera vital d’accéder aux données numériques et de vérifier son emploi du temps helvétique, une tâche qui nécessitera une coordination précise entre les polices cantonales et la gendarmerie française.







