Sur RTL, Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers, a lancé un appel urgent pour une approche plus globale concernant la prise en charge des personnes vulnérables vivant à domicile. Selon lui, les certificats de décès signés par des infirmiers libéraux ont connu une hausse alarmante en raison de la canicule, et la majorité de ces décès concerne des patients insuffisamment suivis.
"Certaines de ces pertes humaines auraient pu être évitées," insiste Guillerm. Il précise que les victimes sont souvent des personnes âgées souffrant de plusieurs pathologies, qui ne respectent pas les recommandations de santé dans le contexte actuel de chaleur extrême. Ces patients se retrouvent souvent dans "des intérieurs surchauffés", et beaucoup de décès sont dus à la déshydratation, qui peut également entraîner des arrêts cardiaques.
Il faut que ce soit le système de santé qui aille à ces patients
Guillerm souligne que pour éviter ces tragédies, il est impératif de mieux connaître la situation de ces patients isolés. En effet, bien qu'il existe des registres communaux dédiés à la canicule, il plaide pour une meilleure organisation et transmission des informations concernant ces patients. "Cela nous permettrait d'identifier les populations négligées, c'est-à-dire celles sans suivi médical," explique-t-il.
Il rappelle l'importance d'une vision systémique des soins de santé, expliquant que les patients fragiles n'ont souvent pas la possibilité de solliciter le système de santé par eux-mêmes. "Nous ne pouvons pas nous en remettre à des demandes individuelles a priori, il faut que le système de santé prenne l'initiative d'aller vers ces patients," conclut-il. Cette vision trouve écho chez de nombreux professionnels de santé, qui jugent urgent d'agir pour prévenir ces morts évitables en période de chaleur.







