Actuellement, environ 10 millions de foyers en France utilisent le gaz naturel, mais ce chiffre est voué à diminuer, dû aux ambitions de décarbonation du pays. La CRE insiste sur la nécessité d'adapter le réseau pour faire face à cette réduction. "D'ici 2050, nous disposons d'infrastructures gazières de qualité, mais elles desserviront moins de consommateurs", prévient Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE.
Ce rapport, publié récemment, souligne les implications d'une baisse possible de la consommation de gaz, qui pourrait se chiffrer entre 14% et 56%. Avec une réduction des clients raccordés au réseau, les coûts d'entretien des infrastructures pourraient être répartis entre un nombre réduit d'utilisateurs, augmentant ainsi les tarifs. Selon des études de l'Ademe et des gestionnaires de réseaux de gaz, il est essentiel d'établir un équilibre pour soutenir la durabilité économique du réseau gaziers.
"Si nous anticipons ces charges maintenant, nous pourrions maintenir des tarifs raisonnables pour nos consommateurs tout en gérant le défi de la décroissance", explique Wargon.
D'autre part, les coûts associés au démantèlement des infrastructures peuvent varier considérablement selon le rythme de la transition, atteignant jusqu'à 10 milliards d'euros si la décroissance est rapide. La CRE prône une approche proactive dans la gestion des tarifs afin d’assurer un futur durable et équilibré pour tous les acteurs, notamment dans les zones où le gaz reste indispensable, comme pour le chauffage urbain ou certaines industries.
Les recommandations de la CRE visent à préparer le paysage réglementaire nécessaire pour que les acteurs régionaux puissent identifier les zones où le réseau doit perdurer, afin de garantir une couverture adéquate et des prix soutenables pour tous les usagers. En effet, 20% des communes françaises, soit environ 2 000, pourraient nécessiter un approvisionnement durable en gaz pour soutenir leurs activités.







