PODCAST - "L'Heure du Crime" explore les détails troublants de l'affaire Lionel Cardon. En octobre 1983, ce jeune cambrioleur est soupçonné du meurtre d'un couple de médecins près de Bordeaux. La chasse à l'homme débute, et il sera localisé à Paris, à la suite d'un nouvel homicide.
Le 11 octobre 1983, Pierrette, femme de ménage, ouvre la porte d'une maison cossue au 57 de l’avenue Pasteur à Pessac, près de Bordeaux. Ses employeurs, François-Xavier Aran, chirurgien, et sa femme Aline, anesthésiste, ne sont pas présents. Tout semble calme jusqu'à ce que Pierrette découvre, horrifiée, le corps de François-Xavier dans la baignoire, un câble électrique autour du cou.
Le sort d'Aline reste un mystère. Sa voiture n’a pas bougé, mais la BMW de François-Xavier disparaît, retrouvée le lendemain à Nevers, maculée de sang. Une balle de calibre 7.65 a frappé la portière, signalant un acte criminel avéré. L’enquête du SRPJ de Bordeaux va rapidement confirmer les craintes : le 28 octobre, le corps d’Aline est découvert dans des buissons près de Prémery, également victime d’une balle.
Le 18 novembre 1983, une alerte est lancée à l’échelle nationale pour Lionel Cardon, suspect principal de ces meurtres. À 25 ans, son casier judiciaire est déjà lourd. Voleur dès l’adolescence, il a été emprisonné pour vol à main armée et visait des médecins dans la région de Bordeaux, ayant déjà commis un braquage à Pessac deux mois avant le drame. Cardon devient alors l’homme le plus recherché de France.
une cavale meurtrière
Le 21 novembre, à Paris, un contrôle routier tourne à la tragédie : deux policiers tentent de stopper un motocycliste, qui s'avère être Cardon. La poursuite qui s’ensuit débouche sur l’exécution de Claude Hochard, un gardien de la paix, abattu de deux balles en pleine poitrine. Cardon, explique l’avocat David Sénat, “aspirait à une reconnaissance dans le monde criminel, sur le modèle de Mesrine, décédé en 1979. Il cherche à s’imposer en tant qu'ennemi public numéro un, un statut qui rehausse son image.”







