Lors d’un rassemblement à Niamey le 11 février dernier, un haut responsable militaire de la junte au pouvoir au Niger a incité les citoyens à se préparer à un conflit armé avec la France. Cinquante ans après des tensions historiques, les relations entre les deux nations se détériorent rapidement.
C'est une déclaration profonde qui suscite l'inquiétude. Au cours d'un meeting organisé à Niamey, capitale du Niger, le général Amadou Ibro, chef d'état-major particulier, a prononcé des mots qui font écho à une époque révolue : "Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France". Comme l'indiquent plusieurs sources médiatiques, notamment 20 minutes, ce haut gradé a précisé : "On n'était pas en guerre, c'est maintenant qu'on va en guerre avec la France".
“Guerre informationnelle”
Selon le général Ibro, la conjoncture économique difficile en France serait, selon lui, en partie imputable au Niger, renforçant ainsi les tensions. Les participants à ce rassemblement, d’après les vidéos partagées sur les réseaux sociaux, ont vivement réagi, en scandant des slogans tels que “À bas la France”. En revanche, le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l'état-major des Armées, a minimisé la situation en la qualifiant de “guerre informationnelle” et a affirmé qu'il n'était pas question de toute intervention militaire française dans le pays.
Passé colonial douloureux
Depuis le coup d'État militaire, les relations entre Niamey et Paris sont marquées par une méfiance croissante. En janvier dernier, après une attaque à l'aéroport international de Niamey, le général Tiani a accusé Emmanuel Macron d'être le "sponsor" de terroristes liés à l'État islamique. De plus, cette tension s'est intensifiée peu après le retrait des soldats de l'opération Barkhane, qui luttent contre le terrorisme dans la région. Le ressentiment s'exacerbe aussi à cause du passé colonial, avec des accusations de vol des ressources du Niger par la France pendant l'époque coloniale.
Cette dynamique complexe est observée de près, tant au niveau national qu'international, alors que le Niger traverse une période tumultueuse de son histoire, signalant des périodes de désescalade potentielle ou d'escalade de conflit.







