Munich (Allemagne) – Le secrétaire d'État américain Marco Rubio va déclarer samedi lors de la Conférence de Munich sur la sécurité que l'ancien ordre mondial "n'existe plus". Cette affirmation soulève des interrogations quant à l'état des relations transatlantiques, qui semblent en déclin.
Lors de cette rencontre cruciale, rassemblant les figures majeures de la défense à Munich, un consensus se dessine : un nouveau souffle est nécessaire au sein du partenariat transatlantique. Les Européens, en particulier, sont incités à prendre leurs responsabilités. Dans un discours déterminant prononcé la veille, le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé pour la "réparation" et le "ravivage" de la confiance entre l’Europe et les États-Unis, entachée par les précédentes politiques de Donald Trump.
Le président Trump, qui a exprimé des critiques acerbes à l’encontre de l’Union européenne—la qualifiant d'entité destinée à contrarier les États-Unis—continue d’exercer une pression sur le vieux continent. Sa récente Stratégie de sécurité nationale témoigne d'une vision alarmante : il estime que les Européens sont en danger d'un "effacement civilisationnel".
Face à cette proposition hostile, le chancelier Merz a évoqué un "changement d'état d'esprit" au sein de l'OTAN. Il a mis l'accent sur le fait que même les États-Unis ne pourraient pas agir seuls dans un contexte que certains experts décrivent comme une "rivalité entre grandes puissances". Le Monde a souligné que cette période pourrait forcer l’Europe à forger ses propres règles de coexistence, notamment avec des pays comme la Russie, après la guerre en Ukraine.
S'éveiller à de nouveaux défis
À son tour, le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui s'adressera également aux participants, évoquera la nécessité pour l'Europe de diminuer sa "surdépendance" envers les États-Unis en matière d'armement. Son discours promet d'encourager une coopération industrielle renforcée au sein de l'Europe.
Entre-temps, le président ukrainien Volodymyr Zelensky fera également entendre sa voix à Munich. Il a récemment été exhorté par Trump à "se bouger" pour faciliter un accord avec la Russie, en prévision de pourparlers à venir à Genève.
En parallèle, la France, actuellement à la présidence du G7, réunira les ministres des affaires étrangères pour aborder des problématiques variées, notamment la situation en Ukraine, la crise à Gaza et la question iranienne. Avec le déploiement d'un deuxième porte-avions américain dans le Golfe, les tensions dans ces régions fragilisées ne semblent pas près de se stabiliser.
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