L'essentiel : La majorité numérique devient une priorité européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a dévoilé une application gratuite destinée à vérifier l'âge des utilisateurs, renforçant ainsi la sécurité des mineurs en ligne. Ce jour, le 16 avril, plusieurs États participent à une visioconférence initiée par Emmanuel Macron pour discuter de cette avancée.
La situation de la majorité numérique prend de l'ampleur sur le vieux continent. Ce jeudi, Ursula von der Leyen a annoncé qu'une application européenne de vérification de l'âge sera bientôt disponible, tandis qu'Emmanuel Macron coordonne une réunion avec une quinzaine de dirigeants européens pour avancer sur la question.
Bien que la coïncidence des deux événements puisse interpeller, l'Élysée assure qu’il n’y a aucune contradiction. Les pays participants à la visioconférence souhaitent se synchroniser sur ce sujet crucial.
Une application européenne gratuite de contrôle de l'âge
« La sécurité des enfants en ligne est extrêmement préoccupante. Un enfant sur six est victime de harcèlement en ligne », a rappelé Mme Von der Leyen, faisant écho aux préoccupations exprimées par des parents et spécialistes lors d'une réunion du groupe d'experts sur la sécurité des enfants en ligne. Cette équipe formulera ses recommandations d’ici cet été. En attendant, la présidente a déclaré que l'application de vérification de l’âge est « techniquement prête ».
« Cette application permettra aux utilisateurs de prouver leur âge pour accéder à des plateformes en ligne, tout comme il est nécessaire de prouver son âge pour acheter de l'alcool », a-t-elle ajouté, vantant une interface facile à utiliser, respectant les normes de confidentialité les plus strictes et compatible avec tout type d’appareil : smartphone, tablette ou ordinateur.
L’Europe propose ainsi une solution gratuite et conviviale pour protéger les enfants des contenus dangereux. Plusieurs États, dont la France, le Danemark, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, Chypre et l’Irlande, montrent des avancées significatives et envisagent d’intégrer cette application à leurs portefeuilles nationaux, alors qu'un passeport numérique européen est prévu d’ici 2026 (selon La Dépêche du 12 avril).
Le cheval de bataille d'Emmanuel Macron
La protection des mineurs sur les réseaux sociaux est un sujet cher à Emmanuel Macron. Lors d’une rencontre avec des lecteurs de la presse régionale en novembre, il avait affirmé l'importance de l'enjeu numérique face aux réseaux sociaux et aux algorithmes.
Une loi du 7 juillet 2023 avait déjà instauré une majorité numérique (fixée à 15 ans pour s’inscrire sur les réseaux sociaux), mais son application était suspendue en attendant un cadre européen. Une proposition de loi transpartisane est actuellement débattue au Parlement et vise à réduire les risques liés à l’exposition des jeunes aux écrans et aux réseaux sociaux. Elle s’inscrit dans le prolongement du règlement européen sur les services numériques (DSA) adopté en 2022 et des directives sur la protection des mineurs publiées par la Commission européenne en juillet 2025.
La visioconférence d'aujourd'hui a pour but de faire le point avec une coalition d’une douzaine de pays avancés sur cette question cruciale, et le Président espère aller plus loin avec une mise en œuvre dès la rentrée 2026.







