Depuis son adhésion à l’Union Européenne en 2004, la Slovénie vit une période d’incertitude politique. Le 22 mars dernier, le nouveau Premier ministre, Robert Golob, n’a pas réussi à réunir une majorité pour former son gouvernement, mettant en lumière une instabilité qui pourrait favoriser le retour en force de Janez Jansa, figure politique controversée, connue pour ses positions pro-Trump et anti-européennes.
Suite à son incapacité à constituer une coalition, Robert Golob a annoncé : "Nous avons hâte de travailler au sein de l’opposition", exprimant une certaine amertume après avoir rencontré le président de la République pour des consultations infructueuses. Le Mouvement pour la liberté (GS), le parti de Golob, a remporté seulement 29 sièges sur 90 au Parlement, s’excluant ainsi de la majorité requise. Malgré une victoire électorale clamée face au Parti démocratique slovène (SDS) de Jansa, qui a obtenu 28 sièges, Golob a échoué à unir des partenaires essentiels pour une coalition stable.
Le retour de Janez Jansa semblait possible, bien qu’il ait finalement rejeté un rapprochement avec Golob, évoquant des différences irréconciliables. "Cette coalition d'escrocs ne tiendra pas longtemps", a assuré Golob, exprimant son scepticisme quant à la solidité du gouvernement potentiel de Jansa.
Loin de la majorité nécessaire
Au cœur de cette crise, l'ancien Premier ministre Jansa, ami du populiste hongrois Viktor Orban, a su capitaliser sur des thèmes conservateurs, prônant un retour aux valeurs traditionnelles et annonçant une coupe des financements publics destinés à certaines ONG. Lors de son dernier mandat, Jansa avait lui-même multiplié les tensions avec l’Union Européenne, conduisant à des accusations de dérive autoritaire. Sa gestion de la crise sanitaire avait même provoqué de vastes manifestations contre son gouvernement en 2022, ce qui a contribué à la victoire de l’opposition.
Actuellement, la Slovénie se trouve à un carrefour politique où les aspirations démocratiques et les forces populistes s’affrontent. "Dans les temps modernes, les citoyens veulent voir leurs voix respectées et leurs choix pris en compte," estime une analyste politique de l’Université de Ljubljana. L’avenir politique de la Slovénie pourrait bien dépendre de la capacité de ses dirigeants à naviguer dans ces eaux tumultueuses.







