Il ne sera pas question de primaire du côté des Républicains pour l'élection présidentielle de 2027. Ce dimanche 19 avril, Bruno Retailleau, leader des LR, a été désigné comme le candidat officiel du parti. En revanche, au sein de la gauche, plusieurs figures se prononcent en faveur d'une primaire, afin de déterminer le candidat qui les représentera. Mais d'où tire cette méthode son origine, et comment a-t-elle vu le jour en France ?
Les primaires, véritables antichambres de l'élection présidentielle française, prennent leurs racines dans les traditions américaines. Aux États-Unis, cette pratique s'est imposée depuis près de deux siècles, se déroulant généralement quelques mois avant l'élection présidentielle.
À l'instar de leur version française, l'objectif des primaires américaines est de permettre aux électeurs de faire entendre leur voix au sujet du candidat qu'ils souhaitent voir porter les couleurs de leur parti. Elles fonctionnent selon un scrutin indirect : les citoyens votent pour des délégués locaux qui s'engagent à soutenir un candidat lors de la présidentielle. Les modalités varient d'un État à l'autre. Par exemple, le Texas opte pour une primaire ouverte, permettant à tout électeur de voter, tandis qu'en Floride, la participation est réservée aux membres du parti concerné.
Concernant les résultats, bien que certains États adoptent le système proportionnel pour répartir les délégués, le schéma du winner take all prévaut dans de nombreux cas : seuls les délégués du candidat majoritaire sont retenus, éliminant ainsi les autres, peu importe leurs scores respectifs.
Des résultats concentrés et adaptés
Chaque délégation d'État se réunit ensuite lors d'une convention pour désigner le candidat présidentiel du parti. À noter que cette délégation est pondérée selon la population de l'État : plus sa population est élevée, plus la délégation est conséquente. Le candidat retenu est celui qui obtient le plus de votes au sein de l’ensemble des délégués nationaux.
Une méthode adoptée et adaptée
En France, le système des primaires s'est développé à partir des années 1990, notamment au sein du Parti socialiste (PS). La première primaire fermée a eu lieu en 1995, où Lionel Jospin a émergé comme candidat. Ce modèle a également été utilisé en 2007, lorsque Ségolène Royal a été désignée. À cette époque, la communication autour de cette primaire avait suscité des critiques, notamment de Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, arrivés respectivement deuxième et troisième.
Lors de l'élection présidentielle de 2022, on comptait quatre primaires à gauche et une seule à droite. Du côté du Parti communiste, Fabien Roussel a été désigné en interne, alors qu'Anne Hidalgo a remporté la primaire au PS. Valérie Pécresse a été choisie par les membres des LR, tandis que Yannick Jadot a gagné sa place lors d'une primaire ouverte. Une autre expérience, la primaire populaire, a vu Christiane Taubira l'emporter, bien qu'elle n'ait pas réussi à rassembler les 500 parrainages nécessaires pour se présenter.
Ce modèle des primaires français trouve des échos dans d'autres pays. De nombreux pays d'Amérique, ainsi que des nations européennes comme l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Italie, ont adopté des systèmes similaires à des moments variés de leurs vies politiques. En tout, 29 pays à travers le monde utilisent des primaires pour désigner leurs candidats.







