Emmanuel Macron se rend dans sa principauté d'Andorre les 27 et 28 avril, exercant ainsi ses fonctions de coprince, statut partagé avec l'évêque d’Urgell. Ce rôle, hérité des rois de France, lui confère de réelles prérogatives judiciaires au sein de l'État andorran.
Dès son arrivée, le président a rencontré le chef du gouvernement, Xavier Espot Zamora, ainsi que Josep-Lluis Serrano Pentinat, l'évêque d’Urgell et coprince épiscopal. Ensemble, ils représentent l'État andorran sur la scène internationale et partagent des attributions significatives qui incluent des pouvoirs judiciaires et des droits de nomination au Conseil supérieur de la justice.
Un héritage royal
L'origine de ce statut remonte au IXe siècle, lorsque les Vallées d’Andorre étaient sous souveraineté carolingienne. Au fil du temps, ces territoires ont été attribués à diverses autorités, notamment à l’évêque d’Urgell, avant que des traités en 1278 établissent les bases de la coprincipauté actuelle.
Les Andorrans ont obtenu des coprinces le droit de s’administrer par la création du Conseil de la Terre en 1419. Avec Henri IV, ce dispositif devient indissociable de la couronne française. Ainsi, tous les présidents français successifs, depuis Napoléon, portent le titre de coprince d’Andorre ex officio.
Un sujet délicat : l'IVG
La Constitution andorrane de 1993 précise que le coprince épiscopal et le président français sont les "arbitres" des institutions. Malgré leur statut symbolique, leur rôle coïncide avec des questions cruciales, comme celle de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). En tant que seule nation européenne à interdire complètement l'IVG, Andorre fait face à des pressions pour évoluer.
Le gouvernement, sous l’initiative de Xavier Espot, souhaite dépénaliser l’IVG, mais cela nécessite des dialogues avec le Vatican. Le coprince Macron a pressé Andorre à progresser sur cette question sensible.
Emmanuel Macron a aussi souligné l'importance d'adhérer à un accord d'association avec l'Union européenne pour permettre à Andorre de bénéficier du marché commun, tout en prévenant que "la porte se refermera" si cela n'est pas fait.
Cette visite s'inscrit dans une tradition initiée par le général de Gaulle en 1967, et que ses successeurs ont respectée, à l'exception de Georges Pompidou. Macron, tout comme ses prédécesseurs, détient d’autres titres, tels que chanoine d’honneur du Latran à Rome, et vice-roi de l’île des faisans, un territoire symbolique partagé entre la France et l’Espagne.







