Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, se rendra jeudi 7 mai au Saint-Siège pour une rencontre significative avec le pape Léon XIV. Suite aux échanges agités entre Donald Trump et le souverain pontife, cette visite est perçue par la presse italienne comme un effort de la Maison-Blanche pour améliorer ses relations avec le Vatican.

Dans un article publié dans le quotidien libéral Il Foglio, le vaticaniste Matteo Matzuzzi semble sourire de la tournure des événements. Il souligne : “Bien que ce pape soit jugé 'catastrophique' en politique étrangère par Trump, trois semaines après leur affrontement, celui-ci envoie Rubio à Rome pour raviver les relations. Cela illustre qui a vraiment remporté cette bataille.”

Rappelons que le 12 avril dernier, Donald Trump avait exprimé des critiques acerbes à l'encontre du pape sur son réseau social Truth, l'accusant d'être “laxiste sur la criminalité et sur les armes nucléaires”, tout en l'exhortant à “cesser de flatter la gauche radicale”. Une déclaration qui a eu pour conséquence de refroidir les relations entre les deux parties.

Ce rapprochement, annoncé le 3 mai, est interprété comme une nécessité pour éviter d'aliéner l'électorat catholique aux États-Unis, où la popularité du pape a crû depuis les tensions. “La popularité du pape croît, tandis que celle de Trump est en déclin”, évoque le quotidien milanais.

La désignation de Rubio pour cette mission n’est pas un hasard. En tant que catholique de longue date, il jouit d'un respect appréciable au Vatican, contrairement au vice-président J. D. Vance, récemment converti. Les observateurs de Domani affirment que “Rubio est perçu comme plus stable et donc plus fiable que Vance.”

La “question cubaine” sur la table ?

Cependant, l’orientation internationale de Rubio est en contradiction avec celle du pape. “Un faucon” en matière de politiques étrangères, Rubio préfère un engagement accru des États-Unis à l’international, tout en se situant dans une position antithétique à celle de Léon XIV, qui prône la paix. Le sujet cubain, enjeu majeur pour les deux hommes, pourrait susciter des débats passionnés. “L'île d'origine de Rubio est suivie de près par certains républicains, et cette question est primordiale pour Trump,” commente Domani.

Le Vatican, très actif sur les questions cubaines, s'investit pour encourager des échanges constructifs entre La Havane et Washington, comme l'a démontré la récente libération de 51 prisonniers en réponse à des médiations papales. Il Foglio clôt son analyse en affirmant que “Léon XIV, pragmatique, préfèrera bâtir des ponts avec Rubio, cherchant à unir plutôt qu'à diviser.”