L'ancien président, Nicolas Sarkozy, s'est présenté lundi devant la cour d'appel de Paris dans le cadre d'une affaire complexe de soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Au cœur des débats, un système de rétrocommissions attribué à l'intermédiaire Ziad Takieddine, qui aurait facilité des transferts d'argent libyen, que la défense affirme ne pas avoir servi à financer sa campagne.
"Des éléments significatifs". C'est ainsi que Sarkozy a décrit les analyses effectuées à partir de 19 000 documents extraits d'une clé USB appartenant à Takieddine, exhomme d'affaires franco-libanais, décédé en 2025, et condamné pour malversation. Ces documents pourraient apporter un nouvel éclairage sur les virements de 6,5 millions d'euros versés par la Libye, initialement jugés suspects par le tribunal sans pour autant prouver une réception d'argent par Sarkozy.
Au fil des quatre jours d'audition, l'ancien chef de l'État a présenté sa défense comme une tentative de dernier recours. Pour soutenir son propos, il a évoqué un système de rétrocommissions mis en oeuvre entre Ziad Takieddine et Abdallah Senoussi, ancien numéro 2 du régime de Kadhafi, soupçonné d'être derrière plusieurs opérations illégales. "Nous savons que Takieddine a reçu d'importantes sommes d'argent libyen, dont une part aurait pu être reversée au clan de Senoussi", a affirmé Sarkozy face aux juges.
"Des preuves renforçant la défense"
Tables Excel et factures en main, Sarkozy a tenté de démontrer que les fonds en question avaient été utilisés pour le train de vie flamboyant du fils de Senoussi, sans lien avec sa campagne. "Takieddine est un homme d'affaires qui ne paie que ceux qui lui apportent des contrats", a-t-il défendu, en regrettant de ne pouvoir présenter ces nouveaux éléments plus tôt. En réalité, la demande d'examen de la clé USB n'avait pas été formalisée lors de son premier procès. Cependant, Sarkozy continue de clamer que ces informations sont cruciales pour son cas.
Face à ces affirmations, les représentants du ministère public sont restés sceptiques. Ainsi, l'avocat général a rappelé que la défense n'avait pas su établir de lien direct entre Takieddine, Senoussi et le financement de la campagne. Les mots de Sarkozy ne semblent pas convaincre, même après des ajustements au chiffre de 200 000 euros, ajoutés par sa défense. "Durant la période en question, Takieddine a touché 2,2 millions d'euros, tandis que Senoussi a obtenu 3,8 millions", a-t-il détaillé.
En fin de compte, le président de la cour d'appel soumet à Sarkozy un consensus : il est difficile de tracer une relation entre les finances de Takieddine et celles de sa campagne électorale. "Il n'y a aucune nécessité d'utiliser les comptes de Takieddine pour justifier les dépenses de Son fils, dont les ressources semblent largement indépendantes", a affirmé le président Olivier Géron, remettant ainsi en question l'argumentation de Sarkozy.
"La campagne est totalement absente", a martelé l'ancien président, qui souhaite prouver son innocence avant la clôture de ce procès, prévue fin mai. La suite des événements verra la prise de parole des parties civiles avant l'énoncé des réquisitions.







