Le Parti socialiste se retrouve plus que jamais dans la tourmente à l'approche de 2027. Depuis le départ retentissant de Boris Vallaud, chef des députés, le président du PS, Olivier Faure, n'ose pas abandonner l'idée d'une primaire. Vallaud milite en revanche pour des "rencontres de la gauche plurielle".
En annonçant son départ de la direction du PS, Vallaud a évoqué un "collectif défaillant" et une direction manquant de clarté, tandis que ses adversaires, comme La France insoumise, se mobilisent déjà pour l'élection à venir.
"Tout le monde est en campagne, sauf nous", a-t-il déploré lors d'une interview sur France Inter.
Réélu pour un quatrième mandat, Olivier Faure a désormais la lourde tâche de rassembler le parti. Malgré cela, il n'a pas l'intention de démissionner, appelant le PS à "agir ensemble" et à éviter un "congrès permanent", selon ses déclarations sur franceinfo.
Les tensions perdurent depuis plusieurs semaines, alimentées par la stratégie de Faure de temporiser sur le choix d'un candidat. Il envisage même une participation à une primaire non-mélenchoniste, une proposition que les Écologistes ainsi que d'anciens Insoumis tels que François Ruffin soutiennent, tandis que d'autres, comme Raphaël Glucksmann et François Hollande, s’y opposent fermement.
Vallaud considère que cela pourrait être une "grande entreprise de désunion" au sein de la gauche. Il suggère plutôt un "rendez-vous de la gauche plurielle", rappelant la coalition de Lionel Jospin entre 1997 et 2002, en vue de parvenir à un "contrat de législature et un candidat commun".
Il estime : "Nous pouvons trouver un accord acceptable pour tous, au sein d'un consensus construit collectivement".
La réaction de Faure a été critique. "Convoyer une nouvelle gauche plurielle, c'est l'objectif que je cherche à réaliser", a-t-il déclaré. Il souhaite établir un processus permettant de s'accorder sur un candidat commun mais reste profondément sceptique face à la suggestion de Vallaud.
"Les partenaires insistents sur la nécessité d'une règle claire de départage pour un candidat commun, cette précaution est nécessaire", a précisé Faure.
Opposé à l'abandon de la primaire, Faure a rappelé que 85 % des Français souhaitent une telle initiative parmi la gauche et les écologistes, malgré les réticences de Hollande, qui estime qu'aucune primaire ne sera organisée au-delà du PS.
Il a cependant nuancé ses propos, ajoutant qu'il n'est pas "un fanatique" d'aucun processus. Sa préoccupation reste de ne pas se retrouver dans une situation où aucune avancée ne serait possible sans l'appui des figures majeures du parti.
Dans cette bataille de opinions et stratégies, même si Faure et Vallaud s'opposent, ils partagent de nombreuses préoccupations face à un avenir incertain pour le PS, en quête d'union dans un paysage politique de plus en plus complexe.
Vallaud conclut : "Avec François Hollande, nous avons un profond désaccord. Je prône l'union des différentes composantes de la gauche, tandis qu'il semble s'en distancer".







