La députée LFI Sophia Chikirou s'est présentée mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, sous le regard attentif d'une justice qui lui reproche d'avoir tenté de détourner 67 146 euros des comptes de "Le Média" en 2018. Le parquet a requis une amende sans inéligibilité dans une affaire qui, selon elle, est le reflet d'un harcèlement médiatique de plusieurs années.
Cette affaire soulève des questions délicates : s'agit-il d'une manœuvre visant à entacher son ascension politique ou bien est-ce véritablement un cas d'escroquerie ? Sophia Chikirou, qui a cofondé "Le Média", a assurément eu une défense solide. Présentant des arguments selon lesquels elle n'était plus en fonction au moment des faits, elle a dénoncé un acharnement politique : "Je n’arrive vraiment pas à comprendre pourquoi vous avez choisi le moment où j’étais candidate à la mairie de Paris pour ressortir cette affaire", a-t-elle déclaré à la procureure, évoquant les huit années de calvaire qu'elle a subies.
"Si on avait voulu la cochonner, on ne s’y serait pas pris autrement," a ajouté Dominique Tricaud, son avocat, appelant à la relaxe dans une affaire qu'il décrit comme "gardée comme un poison politique".
Accusée d'avoir tenté de tromper la Banque Crédit du Nord en 2018, Chikirou se voit reprocher d'avoir usurpé la qualité de présidente de l'entreprise en question pour demander un virement. La procureure a mentionné des "faisceaux d'indices" suggestifs de malversation, notamment concernant la soustraction de deux chèques.
Huit ans de harcèlement
Les débats ont offert un éclairage sur les tensions ayant marqué "Le Média" à l’époque. La question de savoir si Chikirou était consciente de sa situation au moment des faits a été débattue, entraînant un examen minutieux des correspondances internes et des désaccords internes au sein de la rédaction.
La procureure a reconnu que cette affaire n'est "pas l'affaire du siècle" et qu’elle aurait pu être soldée autrement, tout en requérant une amende proportionnée aux faits reprochés et en écartant une inéligibilité, compte tenu de l'ancienneté et de la gravité limitée des faits.
La défense, quant à elle, maintient qu'il s'agit d'un désaccord commercial, aggravé par une rupture brutale des partenariats. Chikirou a exprimé son souhait de clore ce chapitre de sa vie, déclarant : "J’ai vécu huit ans de harcèlement médiatique, autant d’injures sans relâche. J’essaie de vivre comme si c’était la fin de cette histoire".







