Emmanuel Macron s'est rendu au Kenya pour le sommet Afrique-France, marquant une première historique, car cet événement ne se tient pas dans un pays francophone. Ce choix stratégique vise à établir des liens plus solides avec des nations anglophones et à inverser la tendance à la baisse de l'influence française sur le continent africain.
Du choix de Nairobi, une nation anglophone, au nom même du sommet, Africa Forward, tout évoque une volonté de rupture, clairement exprimée par Macron. "C'est un continent que je ne veux plus que la France considère comme un précaré", a-t-il affirmé.
Lors de son premier voyage en Afrique en 2017, Emmanuel Macron rencontrait des étudiants à Ouagadougou, promettant de mettre fin aux ingérences françaises sur le continent. Cependant, la donne a changé : un fort ressentiment envers la France et la montée des juntes militaires au Sahel ont contraint l'armée française à un retrait précipité de ses bases militaires, notamment au Mali en 2022 et au Niger. En quelques années, la France a renoncé à ses engagements en Afrique de l'Ouest, rapatriant des milliers de soldats.
Sortir du tête-à-tête avec les anciennes colonies d'Afrique de l'Ouest
Ousmane Ndiaye, journaliste et auteur d'L’Afrique contre la démocratie, déclare : "La rupture est subie. La France quitte le Mali, tandis que les Russes s'installent. Ce changement marque une perte d'influence militaire sans précédent." En réponse, la France réajuste sa stratégie, maintenant un faible nombre de militaires dans des bases partagées en Côte d'Ivoire et au Gabon, tout en multipliant les missions de formation.
La France a su se rendre utile, comme lors d'une tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025 au Bénin grâce à l'intervention de forces spéciales françaises. Selon Jean-Marc Gravellini, chercheur associé à l’Iris, "l'armée française opère de manière discrète et moins visible, privilégiant les interventions furtives des forces spéciales plutôt que des bases militaires imposantes."
Pour ne pas se faire distancer par des concurrents économiques de plus en plus proéminents sur le continent, la France essaie désormais de s'implanter en Afrique de l'Est et dans les pays anglophones, espérant ainsi s’éloigner d'une relation parfois croustillante avec ses anciennes colonies d'Afrique de l'Ouest.







