Les regards sont tournés vers l'Assemblée, où le sort d'Emmanuel Moulin, candidat au poste de gouverneur de la Banque de France, sera décidé par un vote à bulletin secret. L'issue de ce scrutin, qui fera l'objet d'un vote par 121 commissaires des deux chambres, demeure incertaine.
Mercredi 20 mai, l'ancien secrétaire général de l'Elysée a présenté sa vision lors d'une audition face aux commissions des Finances du Sénat et de l'Assemblée nationale. Emmanuel Moulin, âgé de 57 ans et ancien directeur du Trésor, a déclaré vouloir être "un homme libre" et "indépendant" à la tête de l'institution. Cependant, sa nomination suscite des controverses, notamment en raison de sa proximité perçue avec le pouvoir exécutif, déjà critiquée par plusieurs voix politiques.
Le contexte politique actuel amplifie l'incertitude autour de cette nomination, alors que des partis comme les socialistes ont d'ores et déjà annoncé qu'ils voteraient contre, estimant que Mélan ne dispose pas des garanties d'indépendance requises pour ce rôle crucial de banquier central. Philippe Brun, député PS, a rappelé que "le haut fonctionnaire ne présente pas les garanties d'indépendance politique indispensables à la fonction". Les Insoumis et le RN ont également exprimé leur opposition, laissant donc une large responsabilité sur les épaules des Républicains pour déterminer l'issue du vote.
"Jamais je n'ai abdiqué mon indépendance"
Face à ces critiques, Emmanuel Moulin a tenu à rassurer. Lors d'une seconde audition à l'Assemblée, il a affirmé : "Jamais je n'ai abdiqué ni mes convictions, ni ma liberté de penser, ni mon indépendance. J'ai exercé mes fonctions sous différents gouvernements avec pour constante boussole l'intérêt général". Il a également précisé que sa carrière n'est pas exclusivement liée au président en exercice, insistant sur la nécessité d'une direction qui préserve l'autonomie de la Banque de France.
Citant des préoccupations économiques actuelles, il a décrit les enjeux prioritaires s'il venait à être nommé, incluant "la stratégie monétaire face à une inflation persistante", "la souveraineté européenne en matière monétaire" et "la stabilité financière". À ce propos, Moulin a exprimé son soutien au projet d'euro numérique, qu'il considère comme un outil essentiel pour garantir la souveraineté monétaire.







