Pour les candidats en lice, attirer les électeurs d'Emmanuel Macron représente un enjeu majeur. Ce pouls électoral pourrait se révéler décisif pour contrer à la fois l'extrême droite et la gauche radicale.
Pourtant, ce marché électoral est délicat à appréhender. Antoine Bristielle, dans ses analyses pour BFM, cite une enquête d'Ipsos soulignant cette fragmentation. Ainsi, l'électorat se segmente en quatre groupes distincts.
Diversité des groupes électoraux
Le premier, appelé "les héritiers", représente 35 % de l'électorat ayant voté Macron au premier tour de 2022. Celui-ci est relativement fidèle et inclut des électeurs pouvant se tourner vers des figures comme Édouard Philippe ou Gabriel Attal, cherchant une continuité avec le macronisme.
Un second groupe, représentant 27 %, penche vers la droite ou l'extrême droite, tandis qu'un autre, constitué de 23 %, a des affinités avec la gauche. Enfin, un groupe désenchanté, correspondant à 15 %, pourrait choisir de s'abstenir plutôt que d'aller voter.
Les causes de cette fragmentation
Cette diversité est la conséquence directe de la manière dont Macron a su fédérer des électorats variés autour de sa candidature. Cependant, avec son départ imminent en 2027, la pérennité de cette cohésion est incertaine.
Les électeurs se sentent désorientés, en quête de candidats ou de programmes correspondant à leurs attentes. Loin d'être surprenant, il semble donc naturel que ces électeurs se tournent vers des options divergentes.
Les figures de la continuité en question
Édouard Philippe et Gabriel Attal ont, tous deux, gouverné sous Macron. Pourtant, ils n'arrivent à capter qu'une partie des "héritiers". Même au sein de ce dernier groupe, une forte demande de changement se fait entendre.
La situation politique actuelle, avec la montée potentielle d'une candidature de centre-gauche, pourrait résonner avec les attentes d’une partie de l’électorat macroniste, comme l’a souligné Raphaël Glucksmann.
Profil de l'électorat des "héritiers"
Sociologiquement, le groupe des "héritiers" se caractérise par un certain âge et une aisance financière. Près de 57 % de ce groupe a plus de 60 ans, et une moitié provient de foyers dont les revenus sont supérieurs à 3 500 euros nets par mois.
Une possibilité de rassemblement?
Malgré les différences de préoccupations au sein de cet électorat, il est envisageable de le rassembler dans le cadre d'une élection, par exemple face à l'extrême droite. Un candidat comme Édouard Philippe est perçu favorablement, notamment lors d'un second tour.
Néanmoins, il existe une tendance inquiétante : parmi les électeurs de droite, un sur deux serait prêt à soutenir Jordan Bardella, ce qui pourrait fragiliser la mobilisation autour d'un candidat macroniste.
Conclusion
En somme, le macronisme, tel qu'il a existé jusqu'à présent, pourrait rencontrer des difficultés à survivre à la présidence de Macron. Gabriel Attal ou Édouard Philippe devront repenser leur stratégie pour construire de nouvelles coalitions, adaptées aux aspirations d'un électorat en pleine mutation.







